Vis ma vie de TRS

Quand tu étais petite, tu voulais faire vétérinaire, danseuse, pédiatre, chanteuse, actrice ou dompteuse de caniches abricots (le mauvais goût commence tôt). Moi, je voulais être au minimum kiné-osthéopathe, sinon chirurgien-cardio-thoracique. Rien que ça. Et puis le lycée m’a fait comprendre que non, mon dilettantisme chronique ne me ferait pas accéder à tout ça. D’autant plus que j’avais choisi une filière scientifique mais que j’étais une littéraire contrariée (je suis le paradoxe).
J’ai donc décidé d’être maîtresse (aucun lien, fils unique). Autant te dire que jamais je n’aurais imaginé que le parcours serait presque aussi compliqué que cette histoire de médecine. On est con, quand on est jeune.

Comme toi, les gens classent les instit’ en trois catégories :
– les directeurs et directrices (Graal total s’apparentant à une mission de PDG-adjudant-chef de l’école)
– les enseignants qui ont leur propre classe toute l’année (the grand classique)
– et les remplaçants (sortes de sous-merdes incapables d’avoir leurs classe, et dont on n’est pas vraiment sûrs qu’ils soient vraiment instit’, d’ailleurs).

Mais sache qu’il existe une autre catégorie d’instit, correspondant ni plus ni moins à un pet de mouche dans la sacro-sainte éducation nationale : les TRS. Les TRS ont été créés il y a peu, tout simplement pour « boucher les trous » (dixit un inspecteur).

Je suis donc, depuis trois ans, payée pour être un bouche-trou officiel.

Sous vos applaudissements.

En fait, je suis une sorte de remplaçante, mais fixe. Tu suis ? C’est pénible de devoir tout t’expliquer tout le temps. Bref, ne me demande pas à quoi correspondent les trois lettres de TRS, je n’en sais fichtrement rien. Il me semble bien être « titulaire de secteur », mais je ne vois pas bien où caser le R. Les sigles, je te le dis, ça craint. 

Un emploi du temps de TRS est plutôt complexe (euphémisme). Car comme son nom ne l’indique pas, il comble donc les trous laissés par les collègues bossant à temps partiel (= feignasses), ainsi que par les directeurs qui sont, à partir d’un certain nombre de classes, déchargés (= suicidaires). Traduction : tu prends leur classe pendant qu’ils se cognent la paperasse et le téléphone au bureau. Ce qui fait que tu te retrouves transbahutée chaque jour dans des classes différentes, elles-mêmes dans des écoles différentes, elles-mêmes dans des villes différentes (joie). Et si comme moi, tu as toujours été vernie niveau boulot, tu te débrouilleras pour avoir quatre classes de niveaux différents, voire même, quatre DOUBLES NIVEAUX différents (call me Luckygirl). Ainsi, l’an dernier, j’avais TOUS les niveaux de l’élémentaire, du CP au CM2, sur trois jours de boulot (le 4e, je jouais les directrices). Calcule. Plains moi fort.

Je suis donc, pour certains, « la maîtresse du mardi », et pour d’autres, « la maîtresse du vendredi ». Au final, je ne suis jamais la maîtresse, tout court. J’aimerais bien, maintenant, être juste « la maîtresse ».

Être deux enseignants sur une même classe (la titulaire + moi), ça demande de communiquer entre nous, ce qui très souvent se passe parfaitement bien. Mais j’avoue que parfois, ça me rend complètement chèvre.
Vois-tu, l’enseignante dont je prends la classe une journée garde à l’esprit que je suis dans SA classe, y compris le jour où elle torche le cul de son mioche pendant que je lutte sur de la géométrie. Parfois donc, c’est compliqué. Parce que certaines se mettent à exiger du boulot de ta part, en oubliant que non seulement elles ne sont pas tes supérieures hiérarchiques, mais qu’en plus de leur classe, tu t’en cognes trois autres.

En une semaine, quatre équipes de collègues différentes (cette année, j’ai 35 collègues différents. Oui, 35), quatre emplois du temps différents, quatre programmes différents, quatre projets à monter, quatre kermesses, quatre carnavals (carnavaux), quatre séances d’aides personnalisées,  quatre cartables à faire le matin, quatre classeurs de prep’, quatre fois trois conseils d’école, quatre lieux différents, quatre titulaires et surtout, une centaine d’élèves différents. Cent enfants, pour qui je suis « la maîtresse du », mais la maîtresse quand même. Cent prénoms à retenir, cent histoires personnelles, dont certaines font mal, cent niveaux à connaître, cent fois deux parents à au moins reconnaître à la sortie, sans compter les papis et mamies… Bref, beaucoup de choses, qui ne sont pas considérées comme du travail, étant donné qu’elles ne nécessitent pas forcément que je passe beaucoup de temps en plus devant mon ordi (quoi que), mais qui prennent du temps à cogiter, quand même.

Le soir, après avoir fait du CE1 toute la journée, il faut que tu ranges tes affaires du jour, et que tu te plonges dans ta journée de CM2 du lendemain. Grand écart dans un sens, qui marche aussi dans l’autre. Changer de matières, se souvenir de ce qu’on a fait avec eux la semaine précédente, c’est-à-dire il y a presque une éternité…

Impossible de dire aux élèves « On n’a pas fini, ce n’est pas grave, on finira demain ».

Tous les cahiers à corriger le jour-même, impossible de les emmener à la maison car la collègue en a besoin dès le lendemain. Donc des journées marathon, parce que le moindre temps libre doit être consacré aux corrections.

Les récréations à surveiller. Parce que dans chaque école, le TRS apparaissant un seul jour sur l’emploi du temps des surveillances, on dit « oh comme il n’est là qu’un jour, on va lui coller une petite récré ». Sauf que tout le monde se dit ça dans chacune des écoles, donc bien souvent, on se retrouve à surveiller deux à trois fois plus qu’un instit’ lambda.

En bref, une considération très moyenne de la part de tout ce petit monde autour duquel on gravite. Jusqu’à ce que j’ai ce poste, je me disais qu’avoir de la considération des autres m’importait peu, parce que je savais que je faisais mon boulot correctement. Sauf qu’avancer en tant que pion, quand les autres se sentent rois, ça finit par être pesant.

Le mouvement est terminé, les résultats tomberont le 4 juin. Mes voeux de poste pour l’année prochaine ont été saisis, avec ce même petit espoir, comme chaque année, d’avoir enfin quelque chose de chouette, un poste qui représente ce pour quoi on s’est battus des années… Être juste une maîtresse. Tout court.

Voilà, c’est la fin de cet article un peu chiant, qui traînait au fond de mon ordi depuis plusieurs mois. Moi qui faisais ma craneuse lors du dernier billet, genre j’essaie de servir de la bonne soupelette à chaque article, je peux aller me rhabiller pour aujourd’hui.
Mais là où je ponds un article merdique à rallonge, Aldebert, lui, m’a écrit une chanson. Parfaitement, à moi. Une valse. La valse des maîtresses. Qui me colle la larmiche à chaque fois que je l’écoute. Parce que TOUT ce qu’il dit est tellement vrai. Je ne mets jamais de liens Youtube ici, mais pour une fois, je me mets à genoux : écoute celui-ci…

http://www.youtube.com/watch?v=5r70Myliwh8

Rendez-vous sur Hellocoton !

34 thoughts on “Vis ma vie de TRS

  1. J’adore. Il est très bon ton article. À la fois touchant et sérieux, drôle et intéressant. Les paroles de la chanson m’ont fait sourire, m’ont interpellée. Surtout le passage « une drôle de maman qui se voit, bon gré mal gré, changer d’enfants tous les ans », ou encore le truc sur la recup 😉

    1. Merci t’es mimi, mais alors vraiment, moi, je le trouve chiant à bloc ! Mais je voulais absolument le publier (va comprendre). Et effectivement, cette phrase, c’est aussi celle sur laquelle je tique à chaque fois. On doit être de grandes sensibles, ma biche.

  2. Merci pour cette découverte !-)
    Je ne suis plus TRS (ici on dit TD) mais ça me rappelle des souvenirs ! C’est vrai qu’il y a un monde entre instit et prof !

    1. Je ne sais pas s’il y a un monde, je crois juste que ce sont deux métiers différents. Le nôtre est disons plus… éclectique !

  3. voui… voui…. voui… prof dans toutes les matières, infirmière, assistante sociale, couturière, cordonnière, coiffeuse, psychologue, coach, secouriste, éducatrice, et j’en oublie non ?-)

  4. Désolée, mais ton article est vraiment intéressant. Etant très éloignée du monde de l’enseignement, je découvre justement ce que peuvent être certaines conditions d’enseignement, choses dont, bien sûr, on ne parle jamais.
    Et puis, surtout, tu ne remets pas en cause le plaisir d’enseigner, seulement les conditions.
    Je croise les doigts pour toi.

    1. Merci ma poule, moi aussi je croise les doigts.
      Et oui, des conditions particulières qui ne m’empêchent pas d’adorer ce que je fais. Je dois être un peu maso 😉

  5. Nan mais sérieux comment peux-tu dire que cet article est chiant ? Moi je l’ai trouvé vraiment intéressant. Il faut être honnête, quand on n’est pas dans ce milieu là on n’imagine pas tout les aléas du métier de « maicresse » … Allez moi aussi je croise les doigts pour ton année prochaine … (Bon sang ce que ça doit être chiant, ça oui, de ne pas pouvoir se poser pour une année avec une classe unique et prendre le temps de bien suivre leur évolution tout au long de l’année …)

    1. Thx ! Je sais que ce jour béni viendra ! Parfois il faut savoir être patiente, même si là, j’en ai plein le fion, d’être patiente ! C’est quand même un chouette métier. Et puis parmi les « oubliés », il y a aussi tous les enseignants qui travaillent dans le spécialisé, pour les enfants en difficultés. C’est le seul pan de métier que je n’ai pas testé. Mais je ne suis pas sure d’avoir très envie de l’ajouter à ma collec’ !

  6. Moi aussi j’ai demandé ma mut… J’ai toujours dans l’espoir que quand je reprendrai le boulot je serais plus proche de Bordeaux que de la Creuse !
    En plus, en faisant ma mut, j’ai remarqué que j’étais à la fois au collège et au lycée ! Et pourtant c’est un poste fixe… NO WAY !!

    1. Han alors les mut’ de prof de secondaire, je n’y connais pas grand chose. Déjà que je comprends pas tout à celles du primaire. Enfin j’espère que toi aussi tu auras quelque chose, parce que ce que je sais, en revanche, c’est que vos champs d’atterrissage sont nettement plus excentrés que les nôtres !

      1. J’ ai adoré ton article.collègue.. Pas facile..sache que toutes en débutant on galère.. Sache que dans l ‘ education nationale c ‘ est la loi de l’ ancienneté qui favorise les collègues pour avoir un poste et ton tour viendra..
        Merci à toi pour trs,merci de venir dans nos écoles.. Merci pour ton travail que je respecte.
        Viens dans les po..où Nous avons toujours bien accueilli les remplaçants..

        Bises.
        Caro

  7. Vraiment intéressant ton article, et insoupçonné comme type de poste, découverte d’un monde inconnu (je sais on dirait du Nicolas Hulot).

  8. En tant que maîtresse officielle (avec ma collègue du vendredi), je m’excuse platement au nom de tous mes collègues un peu con-con qui t’ont demandé de faire passer un mot aux parents à leur place parce qu’ils avaient oublié, par exemple (oups)…
    Promis, l’année prochaine, je ferai mieux!!! Et je partagerai mes cadeaux de fin d’année, même les moins moches! 😉

    1. Le bon côté (sisi, y’en a), c’est que quatre classes = quatre fois des chocolats à Noël + quatre fois des cadeaux moches de fin d’année (j’ai toujours été gâtée pour de vrai). Ce n’est pas le fait de faire passer des mots oubliés, qui est pénible, ça, je le fais limite avec plaisir parce que ça peut arriver à tout le monde et qu’avant tout, on est collègues sur une classe, donc on s’entraide aussi (théoriquement).

  9. Je découvre ton blog et je me régale. Je me suis tapé 5 années de « bouche-trou » (à l’époque on appelait ça PF pour poste fractionné, je crois), et en 2008, le graal, j’ai décroché un poste fixe. Quand j’ai appelé l’école, le diecteur était un peu emmerdé, il devait m’annoncer que j’allais prendre une classe de maternelle de 36 gamins, il m’a pris pour une folle quand je lui ai répondu en sautillant « j’men fous ! j’men fous ! j’suis contente, jai MA classe ! putain, j’ai MA classe ! »
    Alors bon, j’ai découvert les mauvais côtés du truc : être toute seule à devoir annoncer aux parents de mauvaises nouvelles (problèmes de comportement, d’apprentissage, troubles divers et variés), se coltiner toute la semaine une AVS-boulet (heureusement compensé par le fait de bosser avec une ATSEM au top), devoir supporter toute la semaine certains gamins ultra-pénibles, alors qu’avant j’étais peace and love en me disant que je n’avais que 6 heures à encaisser en leur présence.
    Bref, ces mauvais côtés sont largement compensés par le confort d’avoir sa classe, une seule équipe de collègues, des parents qui reconnaissent ton boulot … je te souhaite de connaître ça très très vite (et si possible avec un peu moins de 36 élèves, tant qu’à faire)
    (Désolée pour cet énorme pavé que j’ai pondu là)

    1. 36 chiards ??!!!! Effectivement, tu as gagné au loto !!! J’aurai ma réponse bientôt. Merci de ton commentaire, chère collègue, j’adore les pavés ! Pour de vrai ! La bisette.

  10. salut je suis TRS depuis 6 ans. Notre cher maire a décidé de passer à 4,5 jours cette année. Je ne connais toujours pas le regroupement des postes de cette année !!!!

    1. Bon courage ! Je me suis longtemps demandé à quelle sauce les TRS seraient mangés cette année. D’ailleurs, je me le demande encore…

  11. bonjour,

    ton article est piquant, sympa à lire…
    mais sur le fond…
    pour être depuis 3ans juste « maîtresse » après avoir eu pendant 4 ans le même type de poste que toi… je trouve que tu y vas quand même bien fort !
    les deux postes ont des avantages et des inconvénients…
    mais je peux t’assurer qu’au niveau gymnastique de l’esprit et agonie des méninges… être simplement « maîtresse » est bien plus difficile !

  12. et quand t’es TRS dans une seule école mais que en plus tu fais des échanges de services… tu te retrouves avec les CP/CE1 le lundi, enfin le matin paske l’après-midi tu prends tous les CE1 de l’école à la patinoire, puis les CE1/CE2 en anglais, le mardi les CP mais en fin d’après-midi tu récupères les CP du CP/CE1 pour les sciences, et les jeudi/vendredi, tu laisses tes CM2 au profit des CM1 pour causer ingliche… du coup, à la Toussaint, certains prénoms t’échappent encore…
    Merci en tous cas pour cette présentation de cette particularité de l’Eduknat, et pour ton blog en général qui me met en joie!

  13. Moi je suis TS (titulaire de secteur, le R de remplaçant a disparu il y a 2 ou 3 ans pour éviter de nous payer l’ISSR!!) je suis cette année sur 4 écoles avec 4 quarts temps vu que les mi-temps ont été pris par les stagiaires ayant eu l’écrit du concours, je suis sur 2 communes et j’ai des TPS/PS le lundi, des TPS/PS le mardi, des CM2 le mercredi matin et le jeudi matin (cause rythme scolaire il y a les activités mairie le jeudi aprem) et des MS le vendredi. Et j’ai su hier que je troquais mais PS du mercredi et jeudi contre des CM2!! Tout va bien, on reste zen!! Je pense m’inscrire au yoga cette année. En tous cas merci pour ton témoignage on se sent un peu moins seule!!

    1. Oui c’est sacrément la merde pour les TRS, les histoires de mercredi ! On sent bien qu’il faut absolument BOUCHER LES TROUS, pour combler absolument les quotas horaires de chacun, et quid du bien pensé. Evidemment, ce sont les TRS qui viennent là où on les envoie, par obligation et pas par logique. Je suis bien contente d’être parmi les privilégiés depuis l’an dernier, mais je n’oublie pas mes frères et soeurs d’arme !

  14. Titulaire secteur cette année, les vœux à faire avant le 4 avril. Qu ‘est ce que je dois faire,j’ai peu de chance d’avoir ma classe . Est ce que je préfère être brigade ou titulaire de secteur comme cette année.
    Voila les questions que je me posais avant de lire ton article. Je me suis reconnue dans ce que tu écris…(4 école tous les niveaux sauf PS CE2,CM1 ) et ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule à ressentir cela…. bon courage ! sophie

  15. Élève professeur cette année (nouvel dénomination des stagiaires), j’ai demandé que des postes de TRS avec mon minuscule point d’ancienneté, au mouvement obligatoire. Pour avoir été remplaçante ponctuelle, les postes de ZIL e Brigade ne me disaient rien (pas de suivi des élèves…).
    Tu me fais douter du coup!
    C’est clair que vu mon manque d’organisation chronique, si je suis TRS, il va falloir que je revois ça, et que j’achète un énorme agenda!

  16. Oups je savais que cela être dur d’être nommé en T1 sur 3 écoles et 4 classes mais là!!! On va positiver car on n’a pas le choix malheureusement. Merci pour son témoignage.

  17. Je me retrouve tout à fait…
    Cette année T1 et TRS :
    MS-GS / CE1 / CE2 / CM1-CM2 sur 3 écoles… Heureusement collègues chouettes et niveau reconnaissance des parents petite anecdote datant d’hier :
    (Il est 13h, je corrige des cahiers dans la classe quand une maman frappe à la porte)
    – Bonjour c’est vous l’enseignant du vendredi ?
    – Non, non je passe dans les classes pour corriger les cahiers des autres pendant la pause déjeuner bou**o*ne !

    Mais un jour j’aurai ma classe, j’y crois 😉

  18. TRS depuis 10 ans, sur trois ecoles et 4 classes, j ai tous les niveaux de classe sauf le ce1 et le ce2 ( lundi cm1/cm2, mardi tps/ps, jeudi ms/gs, vendredi cp…) . Il faut savoir faire des concessions, s adapter, remettre à plus tard ce que tu ne peux pas faire parce qu’on a oublié de te prévenir de tel ou tel événement… Mais il y a aussi des bons côtés : pas ou peu d administratif, de rencontre avec les parents, on voit des methodes de travail, des écoles aux fonctionnement différents. A la fin d une journée difficile, on tourne totalement la page pour une semaine : les problèmes de discipline des grands sont balayés par les petits bobos des petits… Et puis après 10 ans dans les mêmes écoles, tous les parents et les collègues me connaissent/ reconnaissent. Je suis les élèves du début( tps) à la fin de leur scolarité(cm2) : j ai cette année une élève que j’ai déjà eue en TPS, en CP et en CM1! Finalement je compte pour elle autant voire plus que toutes les maîtresses qu elle a eues un an, car moi je la vois dans son evolution sur une dizaine d’années! Ne nous leurons pas: tous les ans je fais mes 30 vœux au mouvement en espérant avoir enfin Ma classe. Mais le jour ou cela arrivera , des larmes de joie, d emotion et de nostalgie pour ces années particulières couleront, et pas que sur mes joues: j aurais alors plus de 120 petites têtes à saluer, sans compter le millier qui est passé devant moi durant cette décennie de TRS!

  19. Putain, ton article me donne envie de chialer !!!

    J’ai commencé comme stagiaire il y a trois ans et coup de bol, j’ai pu bénéficier d’un poste breton dans le même établissement à 5 mn de chez moi ! Trois ans pour démarrer dans le métier tout en douceur.
    L’inconvénient des postes bloqués dits bretons, c’est que tu gicles au bout de 2ans. Je voulais rester dans ma ville du 9-3 sauf qu’elle est méga demandée par tout le monde car elle jouxte le 77 et le 94. Ca fait donc du monde (avec des points) que ça intéresse. Alors pour avoir une chance, j’ai demandé un poste de TRS en premier vœux et je l’ai obtenu.

    Déjà, première mauvaise surprise, je vais me coltiner 2 stagiaires que je verrai jamais de l’année vu que je travaille à 50% dans deux établissements différents (fasse le ciel que je tombe sur des dégourdis)
    Deuxième déconvenue, je suis plutôt un maîtresse de grands. Or, on me refuse les cm2 parce que je suis flanquée de stagiaires qui, parait-il, ne peuvent pas en faire (pourquoi ? Ils sont trop cons ?). Me v’là donc chez les ce1 pour qui je n’ai aucune appétence.
    Double conseils d’école (ouééé), double concertations, double établissement, double bébé-maîtresses qui vont être larguées dans la paperasse (on est toujours largués la 1ère année).

    C’est vrai que comparées aux tiennes, mes p’tites misères peuvent paraître insignifiantes mais je regrette d’avoir demandé ce poste à la con. J’aurais mieux fait de m’éloigner un peu et d’avoir ma classe à moi.

    Soupir…

    Si j’aurais su, j’aurais pas venue

    PS : au fait, ça a duré combien de temps ton calvaire (histoire de me préparé psychologiquement) ?

  20. Coucou,
    Merci pour cet article qui me console un peu en me disant que je ne suis pas seule face à cette aberration qu’est le « 4 quarts temps ». T2 à la rentrée, j’ai d’abord été brigade départementale, utilisée comme zil puis comme trs puis à nouveau comme zil dans une ville du 93. Autant dire que c’était déjà un poste très folklo, plein d’aventures et de rebondissements. Malheureusement je n’ai jamais eu l’âme d’un pirate et j’ai donc décidé de sauver ma peau en demandant pour la rentrée qui vient des postes un peu plus posés. J’ai bien entendu demandé des postes fixes mais par mesure de sécurité et dans l’idée que J’avais apprécié de travailler en mi-temps avec deux nouvelles enseignantes, j’ai demandé un poste de TRS sur cette ville. On m’avait assuré que c’est ce que j’aurai puisque les deux écoles dans lesquelles j’étais TRS avaient apprécié mon travail.
    Aussi, quand j’apprends ce jeudi que je vais être, l’an prochain, sur 4 classes, sur quatre écoles différentes de cette ville, avec quatre niveaux différents dont une ULIS le vendredi, je me dis que finalement j’aurais mieux fait de faire pâtissière ou violoniste plutôt que pion…oups je veux dire enseignante.
    J’ai en plus de cela des problèmes de santé assez conséquents que je n’ai pas fait jouer cette année malgré mes nombreuses péripéties parce que, jeunette et innocente comme je suis, je m’étais dit : » prends ton mal en patience, plus tu travailleras dur et bien, plus tu pourras t’assurer un poste humainement correcte ». Or, voilà les échos que j’ai eu :  » la petite demoiselle (moi-même) travaille plutôt bien, a un bon dossier et ne s’absente pas….. mettons là sur des postes difficiles qu’elle saura parfaitement gérer »……. Résultat, je ne crois plus du tout en cette idée que « tout travail sera récompensé ». Voilà pourquoi, alors que je ne voulais pas étaler ma vie à mes supérieurs hiérarchiques, je vais construire un dossier MDPH pour ma maladie afin de sauver ma peau et rappeler aux têtes pensantes qui nous gèrent que nous sommes humains avant tout.
    Je te souhaite vraiment d’échapper cette année à ce poste affreux de TRS et je te remercie pour cet article qui m’aura redonné pendant quelques minutes le sourire.

  21. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour cet article qui est tellement bien écrit!!! Et comme cet article et ces commentaires font du bien et aident à se sentir moins seule.
    Je vais entamer ma 4ème année en tant que TS! La première année on se dit que c’est chouette et que ça va être très formateur. Et puis les années passent, on se lasse de n’être que la maîtresse du… et rien ne changent… mêmes niveaux (en même temps on les a tous… ou presque) et surtout mêmes matières! 4 ans que je ne suis pas maîtresse mais prof de géométrie, de vocabulaire et de géographie. Là, arrive la rentrée, je me mets au travail mais par où commencer?! Et cette année est encore pire que les années précédentes avec ces nouveaux programmes qui sont inbuvables!! En sachant que pour nous, TS, on doit tous se les taper vu qu’on a tous les cycles!
    Je vous souhaite une bonne reprise à toutes et à tous! Et encore merci :)

  22. Bonjour, ton article m’a fait rire, parce qu’il me rappelle des souvenirs ! Ma 1ère année, j’étais en poste fractionné (avec des classes a double ou triple niveaux). Ensuite je suis devenue brigade pendant 3 ans (qui m’a énormément plu), puis j’ai demandé un poste fixe (parce qu’on ne peut pas être à temps partiel en étant brigade). Finalement je suis resté à temps plein avec un CE1-CE2.
    Et j’ai hâte que la fin de l’année arrive parce que je n’en peux plus ! Les parents, la paperasse, les PPRE, les demande d’AVS, les équipes éduc …
    Moi je veux juste enseigner ! (et sans avoir les parents qui m’agressent à la porte de ma classe parce que Machin a perdu ses lunettes et que c’est de ma faute, parce que je dois avoir tout le temps un œil sur tous les élèves … !)
    Donc l’année prochaine, c’est décidé, je demande un poste fractionné !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *