Tu sais que tu es instit, quand :

IMG_0843

Comme tous tes congénères, tu penses être unique et bien loin des clichés qui incombent gravement à ton métier. Or, sur un malentendu, il se pourrait que tu te reconnaisses fortement dans cette description. Tout cela ne sera évidemment que fortuit, et pourtant, tu sais que tu es instit, quand :

1 – Tu hyperventiles un peu lorsque la photocopieuse est en panne. Généralement, ça tombe sur toi. Tu viens faire ta série hyper urgente, et le biniou affiche un code lyoko improbable. Ne rêve pas, le coupable n’avouera jamais. En attendant, tu ouvres et fermes de plus en plus vigoureusement les trente-quatre clapets de la machine au bord du décès, à la recherche du bourrage éventuel. Savoir changer un toner fait automatiquement de toi une personne ressource en matière de matériel informatique. Et si tu sais en plus en commander un nouveau, on pariera que tu finiras au-moins CPC TICE.

2 – Tu emploies des mots étranges, le plus souvent pour manifester ta colère envers un élève. Adieu veaux, vaches, putain et bite, et vive enquiquine, turlupine, casse-bonbons, flûte et zut. Le fameux « merde », qui échappe le plus souvent, commencera bien par « mer », mais se terminera le plus souvent par « credi ». Même le jeudi.

3 – Tu as déjà puni un élève en le faisant asseoir sur la célèbre « chaise des punis », en lui intimant l’ordre de « réfléchir à ce qu’il a fait », injonction à laquelle tu doutes fortement, étant donné que tes élèves ont des mémoires vives de truites sous THC.

4 – La vue d’un rouleau de papier toilette vide fait cheminer en toi les hypothèses les plus folles, à base notamment de pot à crayons, d’animaux bizarres, de fleurs moches et de Père-Noël peints à la truelle.

5 – Tu es enrhumée environ de septembre à juin. Tu es un véritable baromètre à miasmes divers et variés. La palme revient à la redoutée gastro. Six lettres qui font remonter en toi des instincts de protection judéo-chrétienne : éviction totale de l’enfant infecté, lavage de mains jusqu’à la quatrième couche d’épiderme, masque à gaz et gants de latex.

6 – Tu as cherché mille excuses potentiellement plausibles pour zapper la conférence pédagogique super chiante, sur l’enseignement du documentaire historique en CE2, sachant que l’aquaponey ne fait pas partie des motifs d’absence reconnus par ta hiérarchie. A tort, puisque ça rentre doublement dans la compétence numéro trois des programmes d’EPS.

7 – Choisir le prénom de tes enfants t’a collé une hernie mentale à chaque fois. Une fois évincés les chianlis, mous du genou, moches et sales, il ne restait que les prénoms des enfants que tes amis avaient DÉJÀ donnés à leurs propres enfants. Double peine.

8 – Tu as osé balancer en loucedé la centième bouse artistique qu’un de tes élèves t’as faite, certes avec amour, mais objectivement infecte. Si les élèves avaient du goût, ça se saurait. Je veux dire, ils colorient toujours avec le jaune FLUO, quoi.

9 – Ton look te classe directement dans le groupe des profs, voire des instits directement, si tu arbores une garde-robe colorée et un rien baba cool. Le détail se situera principalement au niveau des chaussures, avec clairement des marques « de maîtresse ». L’instit mâle, lui, portera traditionnellement des chaussures de randonnée, parce que c’est « confortable ». Et moche (rappelons qu’il ne reste qu’un homme malgré tout). Mais tu oublies ton look travaillé dès l’instant où tu es de surveillance de récréation et qu’il fait moins de dix degrés. De la foultitude d’accessoires en laine, jusqu’aux ayatollahs des collants SOUS le jean, tu resteras en boule sur un banc gelé, priant pour que le temps passe vite, et que quelqu’un t’apporte ton thé au jasmin. Avec une sucrette et demi, merci.

10 – Après une étude minutieuse de tous les stylos rouges du marché, tu en conclus invariablement que tu finiras tes jours avec un Pilot V.5 (ou 7) dans la main. C’est triste, mais tu t’avoues vaincue par l’expérience des anciens. Ils avaient donc raison. Les cons.

11 – Lors des dîners avec des personnes que tu ne connais pas, il ne te faut pas moins de dix minutes pour placer fièrement que tu es « instit, enfin prof des écoles, quoi ». Sourire faussement gêné aux coins des lèvres et sourcil haut. Généralement, cela ne fait ni chaud ni froid à ton interlocuteur, qui au mieux, passera l’info, au pire, la ramènera sur tes (trop nombreuses) vacances.

12 – La pénurie de café pourrait déclencher un élèveticide massif, si d’aventure le Kenya et la Colombie décidaient de stopper leur production divine.

13 – L’EPS, oui, mais avec intervenant. La perspective de faire EPS dans la cour te parait tout aussi excitante que de faire peinture ou informatique en classe entière. Par conscience professionnelle et pour éviter de défenestrer un enfant qui n’est pas le tien, tu choisis donc de faire EPS dans la cour le vendredi après-midi. Comme tous tes collègues. Tu as déjà également cherché toute excuse plausible pour annuler la séance, mais en voyant les joggings et baskets de tes élèves, une once de culpabilité t’a envahie, et tu es sorti(e) quand même.

14 – Il ne se passe pas une journée sans qu’un élève ne vienne toquer à ta porte, te proposant un moelleux au chocolat (pour les veinards) ou un Savane (pour les moins veinards), accompagné d’un Carambar ou d’une fraise Tagada. Et on s’étonne que les instit soient un peu en surpoids.

15 – Tu sais qu’une instit femelle avec épilation régulière est clairement en plein cycle piscine.

16 – A force de dire « chut » à tes élèves à longueur de journée, tu finis par le dire aussi à tes gosses, voire à ton mari, qui te fait amoureusement remarquer que « non mais tu ne me chutes pas ! »

17 – Ta bibliothèque personnelle compte encore plus de livres de littérature jeunesse que de romans d’adultes. Bien entendu, tes enfants ont une interdiction absolue de toucher à ton précieux, à moins de demander l’autorisation par écrit et de s’être désinfecté les mains avant de prendre ton exemplaire fétiche de « Max et les Maximonstres ». A tes yeux, Claude Ponti, Grégoire Solotareff, Stéphanie Blake ou encore Mario Ramos n’ont rien à envier aux Musso, Pancol et autres.

18 – L’arrivée de la Rolls des plastifieuses fait son entrée dans la salle des maîtres, sous une haie d’honneur, et que ça déclenche en toi une excitation intense doublée d’une émotion étrange. Le temps de chauffe annoncé de 30 secondes te collerait presque un orgasme vaginal.

19 – En te mettant à bosser à 21h30 ou tout le dimanche après-midi, tu te demandes parfois si tu ne serais pas mieux dans le privé, avec des horaires de bureau classiques où la plupart des gens ne ramènent pas la moitié de leur travail chez eux. Interrogations rapidement balayées lorsque tu es en vacances et que tu mesures quand même ta chance.

20 – Après avoir passé des heures de préparation, d’attention et de bienveillance pour un seul élève, tu le regardes progresser, te dire combien il est heureux de venir en classe, dans TA classe, et tu te dis que tu fais alors le métier le plus éprouvant mais le plus chouette du monde.

A vous tous, mes collègues de galère, de nuits courtes, de livrets d’évaluation, de traces de craies sur le pull, de mouquire sur le jean, de peinture sur les doigts, de trousse en cuir, de tasse personnalisée, de PPRE-RASED-TRS-ZIL-SESSAD-CMPEA-CLIS-DSDEN-PDMQDC and co :

YOU ROCK.
Rendez-vous sur Hellocoton !

115 thoughts on “Tu sais que tu es instit, quand :

    1. Ah oui ! Moi je leur dis aussi « tête d’endive » ou « pédoncule » (le dernier reste mon préféré, à réserver à ceux qui ne rapportent pas aux parents, hein). Il y a aussi le traditionnel « banana », qui est souvent mal interprété par les grands, mais qui fait poiler les petits.

  1. 16. Une fois j’ai dit à un môme inconnu « sans courir! » dans les rayons du Carrouf. Y’avait sa mère juste à côté, elle m’a regardée comme si j’étais une tueuse en série.

    1. HAHAHAHAHAHAHHA ! Une fois, à la caisse du supermarché, il y avait devant moi une nana avec quatre mômes très rapprochés (respect éternel). Et bien elle était débordée à déballer ses articles, et les gosses faisaient n’importe quoi. Tout naturellement, j’en ai chopé un par le colbak, et je lui ai dit « Tu te RANGES avec les autres ! Par deux, et on se donne la main ! ». Heureusement, elle avait de l’humour.

  2. 1. / 18. En collège, dans la salle des profs, même combat. Le mois dernier, nous sommes restés en émoi durant toute la récré devant la nouvelle machine à massicoter : elle a rendu l’âme vendredi. j’avais environ 250 feuilles A4 à couper en 2, j’ai versé une larme.

    1. Je crois que le massicot, c’est THE outil pour lequel il faut mettre le prix. Le nôtre commence à beuguer. Genre il faut appuyer la lame bieeeeen contre le bord des feuilles, sinon, elle nique tout. Et on pleure.

      1. Chez nous on l’appelle « la guillotine », elle a même coupé un morceau de doigt chez l’une d’entre nous… depuis nous la regardons avec méfiance 😉

  3. Je me suis bien reconnue spécialement dans le n°4 (avec le même effet en regardant les vitrines ou certains rayons dans les magasins) et le n°16.Là ce sont mes enfants qui me disaient : on sait, tu as eu ta dose de bruit toute la journéeUne fois il m’est arrivé de me baisser pour rattacher le lacet de la personne qui discutait avec moi :est-ce que c’est un réflexe conditionné?

  4. 2/pour ma part, j’use et j’abuse de l’insulte légumière à base de légumes de saison, j’aime bien cucurbitacé…
    18/de manière générale, le moindre carton livré provoque une émeute à base de fiévreux « c’est pour qui ??? »
    J’ajouterai que, ayant des TPS/PS, je crois à tort que j’ai un humour incroyable et que je chante troooop bien…non, non, le truc c’est juste que mon merveilleux public a entre 2 et 3 ans…à ne pas oublier en société…

    1. C’est vrai que l’âge du public te laisse croire que tu es vraiment talentueuse et hyper forte dans un tas de domaines.Hors la classe tu retombes souvent de haut.

  5. Tu penses au kickers ou aux camper ou y-a-t’il de nouvelles marques qui montent? A moins que ce soit le retour des méphisto !? En tous cas je me reconnais dans tous les points!

        1. Holla! Les chtis disent aussi mouquile! Mais fallait pas laisser passer l’occase de tacler un peu les nordistes ces demi civilisés,hein?

          1. À ceci près que l’on dit  » la naze » ou  » nazu » et point  » nasse ».
            Fille d’instit´ je suis.

      1. En Moselle, on dit la « schnoudeul » (je l’ai écrit de façon phonétique, aucune idée de la vraie écriture, si elle existe.) Eh oui, l’occupation allemande nous a laissé des séquelles !

  6. Merci pour cet article qui me remonte le moral.
    Rentrée à 18heures hier soir après une journée non stop depuis 8h du matin, je suis repartie ce matin pour une anim sur les DYS (passionnante d’ailleurs) en me disant que j’aimerais un chouilla plus de reconnaissance (financière notamment).
    Mais alleluia, mes bulletins sont donnés, et l’élève dyspraxique qui ne sourit JAMAIS a éclaté de rire hier.
    Et pour les collants sous le jean: à fond!!

    1. J’ai aussi choisi une animation sur les DYS ! J’en ai fait une hyper super méga géniale sur le graphisme dernièrement, avec Marie-Thérèse Zerbato-Poudou. J’attends beaucoup de celle sur les dys, notamment parce que l’Homme est un vrai dyslexique.

      1. Pour moi, ça a été une révélation. Tout les instits devraient avoir cette formation. Etre « dys » C’est une GALERE à vie… mais il y a plein de petites choses à mettre en place en classe (après faut avoir le temps ou ne plus dormir ). Je vais commencer par changer mes polices d’écriture et télécharger un logiciel spécial dyspraxique. Ben dis donc pas mal vos anims aussi!!

        1. Étant Dislexique, discalculique, disorthographique je peux dire que oui c’est une sacrée galère, mais malgré tout je veux devenir institutrice maternelle 😉 !
          Et puis je pourrais peut-être en aider certains avec les quelque trucs et astuces que l’on m’a appris 😉

          1. moi ça m’intéresse un adulte dys qui donne des conseils; j’en connais un ou deux (genre : pas Times new roman comme police, et un classeur sous le cahier pour l’inclinaison du support), mais ça date d’il ya 5 ans alors je suis avide de mise à jour! je compte sur toi melle DYS!Et Joyeux Noël!

  7. 1, 2, 6, 7, 9, 12, 17 à 20 ….
    Prof de collège même combat !
    Moi je dis crotte de bique à roulettes, ils se foutent bien de moi, n’empêche, ils finissent tous par l’adopter. Entendre un grand dadais de troisième dire crotte de bique , c’est Jubilatoire.
    Moi , il paraît que ce sont mes Lunettes qui me Collent direct l’étiquette edućnat…
    Mon pilot à moi, il est truquoise, ou violet, jamais rouge. Mais j’ai fait la même étude 😉

    19 et 20 , je kiffe à mort! Tellement vrai.
    Merci de me rappeler que je fais le plus beau métier du monde!

    1. En CP, ils ne sont pas encore conditionnés par la couleur du stylo correcteur (et donc qui donne la sentence). Je ne mets du rouge QUE lorsque l’enfant fait une erreur. S’il a tout juste, il n’y aura pas un seul point de rouge sur sa fiche. Je lui mets un tampon ! Ils les collectionnent, ils adorent ça !

  8. Yeeeeees!!!
    Non mais c est tellement vrai tout ça!!!
    Surtout en cette période de livrets scolaires ou notre classe déborde encore plus sur la vie privée!!
    Des biz bonne fin de trimestre puis bonnes vac à tous les collègues qui passent ici!:)

    1. J’ai résolu le problème des éval qui tombent toujours mal : je travaille sur deux semestres, et non trois trimestres. Du coup, mes premiers livrets vont tomber en janvier, et je les remettrai en mains propres.

  9. Bien que n’étant pas instituprof, mais orthophoniste, j’adhère totalement au numéro 17. Je rajouterai PEF, Christian Voltz et Geoffroy de Pennart pour leurs si jolies dédicaces au salon de Montreuil!
    Et j’applaudis Paupiette qui sait déjà lever le doigt… bon sang ne saurait mentir!

  10. Tu sais que je t’aime, toi??? Et que le jour où tu as quitté les bancs de notre école maternelle est marqué d’une croix rouge (pas Pilot, Bic 4 couleurs) dans mon agenda (fait main, avec les restes de papier découpé pendant l’année). J’ai 20/20 sur les compétences instit/professeure des écoles. Avec un bulletin pareil, je vais passer de bonnes vacances… Merci pour cette éval. Bonne dernière semaine !

    1. Tu sais que tu es MA référence en matière de maitresse de GS ? A chaque fois, je place un petit « Et tu connais, Véro, en GS à l’école Machin ? » Et ben tu sais quoi, beaucoup me répondent OUI ! Tu es une star de la grande section.

  11. Tout à fait juste,je ne suis pas instit,je suis éducatrice ( les gamins ça ne me suffisait pas,il fallait aussi que je me coltine les parents…!!, on est un peu maso dans le genre!!) . En tous cas 5 de mes collégues sont en couple avec une instit, 2 de mes collégues sont fille d’instit et de prof.Je ne me suis pas encore trop penché sur le sujet mais je pense qu’il y a un truc…
    Ton truc du rouleau de PQ m’a fait rire,je jubile aussi quand j’en vois un,de même que les bouchons en plastique, j’ai été animatrice dans ma folle jeunesse,je pense que j’ai encore des restes.
    j’adore parler de mon travail mais souvent lorsque je dis que je suis éduc,ça geste un froid …et quand je rajoute  » en protection de l’enfance » alors là les gens changent de couleur.Soit on me dit  » moi à ta place je ne pourrais pas » ou alors on entend la fameuse  » les travailleurs sociaux en ont rien à faire des gosses,ce sont des incapables ».Bref moi aussi je pense que je fais un des plus beaux métiers du monde , récemment un gamin de 4 ans m’a offert des marguerites alors qu’avant il me crachait à la gueule, il aurait pas plus me faire plus plaisir,j’ai gardé son bouquet plusieurs semaines avant de le jeter.Pour le choix des prénoms,comme je te comprends,c’est le même probléme…je confirme la tendance des Bryan,killian,Enzo,Mathéo,,Lorenzo et pour les filles Shaïna,Louna( tous les noms en a,court), Méline.Pour les grands ados Dylan,kévin,Brandon et Bryan,Jason et filles Maeva,kelly,Marine,Samantha,Alison. On a aussi tendance à la déformation professionnelle, on parle de carences affectives,de tendance à la victimisation,de posture défensive,d’évitement,de personnes limitées, d’affirmation de soin,de pervers narcissiques et j’en passe des meilleures.Souvent les gens avec qui je parle de mon métier sont légérement déboussolés,je comprends vraiment pas pourquoi…On voit des abuseurs potentiels partout,des psychotiques,des pervers…mais on se soigne!!!Dés que nos gamins vont de travers,on se dit qu’ils ont peut- être une faille narcissique,des troubles du comportement,un taumatisme lié à cette fois où on leur a dit qu’il nous  » courait sur le haricot ».Bref c’est un chouette métier mais il faut avoir au départ un petit grain de folie sinon on devient rééllement dingue.

    1. Chouette métier aussi ! Il faut effectivement être un peu cinglé pour faire ces métiers là. L’avantage, c’est que passé quarante balais, c’est nous qui faisons tourner le marché des psychanalystes français (demande à un psy quel pourcentage de sa clientèle/patientèle est prof, c’est juste ouf).

  12. Je viens de lire le texte et tous les commentaires alors que je fais une pause au milieu de 3 tonnes et demie de sables faits a la maison pour remplir les paniers peints avec mes eleves vendredi ! Et en plus j embauche mes enfants pour les faire ace moi !
    Oh que c est vrai tout ça ! J ai abandonné les Pilot V5 pour les Paper-Mate flair en rose l an dernier, violet cet année !
    On galère toute l année, on peste, on tire la langue jusqu aux vacances qui heureusement reviennent régulièrement mais quel bonheur de déambuler dans un couloir d école et se dire « je suis a ma place ». 14 ans et toujours pas envie de lâcher le morceau !
    Allez, je retourne aux sables !
    Joyeuses fêtes !

    1. Ici ce sont les 175 élèves de l’école qui, sur trois jours, on fait des sablés de Noël à leurs parents, qu’ils ont invités mardi soir pour la traditionnelle expo de décembre. C’est trop chou. Epuisant, mais trop chou. Heureusement, on a l’EVS et l’AVS qui nous filent un coup de main top. Elles sont extras, on devrait les canoniser.

  13. Moi aussi je coche à peu près toutes les cases (sauf pour les grolles, je me refuse à acheter des art/el naturalista/campers, oh mais attends, j’ai une paire de bottes Kickers … bon ben je suis perdue :/

    J’ai aussi ma plastifieuse perso, je collectionne les pots de yaourts en verre, mon four perso sert à cuire des grigris en plastique fou, et mon compte youtube déborde clips d’Henri Dès, de livres animés … et puis je pars en vacances faire des randos en montagne, je mange bio et local …

    Oh putain heureusement que j’ai un homme employé lambda pour remettre en phase avec la réalité !

    1. Moi non plus je n’achète pas de chaussures de maitresse. Elles sont jolies, mais trop chères !

      (j’ai aussi ma plastifieuse perso, j’aime les randos, je mange local le plus souvent possible… par contre, il me semble bien qu’Henri Dès est lié de près au FN, donc il se touche le zgeg pour que j’écoute ses trucs)

        1. Non mais je ne suis pas sûre. Il me semble juste fortement que j’avais entendu ça il y a quelques années. (je n’ai pas fait journalisme, hein) (et donc j’ai la flemme de chercher)

          1. J’ai un peu farfouillé sur H. Dès, je n’ai rien trouvé. Son second fils, par contre, a eu des soucis avec la justice Suisse, concernant l’hébergement chez lui d’un… salon de « massage ». Il fait du métal, et son groupe s’appelle « explosion de caca ».
            Il a eu plusieurs prix français, et je pense que s’il était bleu marine, il ne les aurait pas eus. La profession est frileuse sur le sujet !

          2. Ah bon alors j’ai donc sûrement dit une connerie de plus. Ça ne me fera pas davantage aimer Henri Dès, mais bon.

          3. « explosion de caca », ah oui j’ai entendu parler de ce groupe ! parce-que en dehors de ma vie d’instit je kiffe le métal, je suis musicalement schizophrène, Henri Dès et Steeve Warring la semaine et Hellfest le weekend (où j’ai croisé des parents d’élèves il y a 2 ans !)
            Mais bon, Henri Dès, mis à part 2/3 chansons je le trouve quand même bien mièvre, hein ?
            En cette période de Noël j’ai préféré faire écouter « C’est Qui ? » de Abel, avec plein de guitare électrique dedans.

  14. Je me marre parce que mon Jules (prof en LEP) est du genre à me dire « celle là, elle est instit » dès qu’on prend le tram! Lui qui porte des campers

  15. Si on supprime le chocolat, je demande l’asile politique à la Belgique (j’aime pas le café)
    je corrige pas en rouge, ça fait comme le sang des élèves
    mince, punaise
    j’ai vachement plus de succès avec mes élèves pachtounes, bangladais ou … détenus, ça renouvelle à mort la conversation dinesque
    j’ai donné toute ma littérature de jeunesse au CDDP, comme ça je l’ai quand je veux et elle m’encombre plus, j’en achète plus non plus
    et je sais bien réparer la photocop
    pis j’ai Mes Docs Martens (de Bristol) sont comme mes classeurs (allemands) : à fleurs
    Raaah, qu’est-ce que je peux me la péter!

    1. Han alors là, je ne pourrai JAMAIS donner ma lijé au CDDP !!!!!!! Je l’aime trop ! Et puis ici, quand on veut une série, il faut la réserver 6 mois à l’avance. Nuuuuul. Je déteste aller au CDDP (au cas où ça ne se serait pas vu)

        1. ah ah ah j’habite la grand ville, la seule de la Creuse en fait…
          Mon CDDP je l’aime d’amour, il me prête des tablettes pour ma classe, et suit nos reco d’acquisitions
          je m’aperçois que c’est une chance
          en tout cas, je me suis bien marrée en lisant le post et les coms (je me marre toujours bien -sauf une fois u=ou deux, nobody is perfect, en lisant tes posts et tes coms)

  16. Les points 2,3,5,8,16 et 20 me paraissent assez bien partagés entre les instits et les parents mais en effet, comme vous vivez ça avec des enfants qui ne sont pas les vôtres: YOU ROCK!!!
    Bien que je ne sois pas instit, le bourrage photocopieuse, la pénurie de café et l’amour des pilot rouges me parlent gravement. Comme je rêve d’abandonner mes tailleurs pantalon et que je en serais pas contre une part de moelleux au chocolat (ou même de savane, je ne suis pas bégueule tant que ce n’est pas au fruits confits), je me dis que je pourrais envisager une reconversion 😉

    1. Je DETESTE aussi les fruits confits. POUERK. C’est la croix et la barrière pour trouver des madeleines avec uniquement des raisins secs, et pas ces horreurs colorées.

    1. J’ai TOUJOURS eu piscine en hiver. Le truc qui sert à rien, en gros.
      Ouais le reste ça roule. Enfin avec des béquilles quand même.

  17. Instit’ ou maître de conf’ à la fac, même combat : 1, 10, 11, 18, 19, 20 check !
    Je rajouterai donc pour ce qui concerne ma confrérie :
    21. Travailler dans des conditions matérielles dignes d’un bidonville
    22. Être équipée de sa propre rallonge/multiprise, chauffage électrique, aimants, stylos pour tableaux blancs, tampons effaceurs que l’on garde précieusement et que l’on trimballe partout avec soi
    ….
    il doit y en avoir d’autres, mais je suis fatiguée, c’est la fin du trimeeeeeeeeeeestre !

    1. J’avoue que, bien que ce ne soit pas forcément le cas dans toutes les écoles, niveau matos, on est mieux lotis que vous de côté-là. Le seul souci, c’est que les politiques (locaux et moins locaux) équipent volontiers les collèges et lycées en tableaux numériques et vidéoprojecteurs, mais en ce qui concerne les écoles, tout le monde a des hérissons dans les poches. Ce qui m’agace, ce n’est pas tant que l’enveloppe budgétaire puisse éventuellement être courte à ce niveau-là, mais c’est qu’on pense que l’école, avec ces apprentissages « pour petits », ne mérite pas ce genre de choses. Bref, cette année, je mène un double combat : l’isolation phonique de ma classe-cathédrale et le pressing pour avoir un TNI.

      1. Alors après des années de lycées, il faut savoir que le conseil régional est souvent rat. Au collège par contre, effectivement, on n’est pas trop mal … Tu viens au collège ?

  18. J’adore !!! Je suis instit retraitée ( enfin prof des écoles … ;o) ) et j’ai toujours du mal à jeter à la poubelle un pot de yaourt ou un rouleau de pq !! Et j’ai offert à tous mes petits enfants , neveux et nièces ; « De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait caca sur la tête ». Ce métier ne nous quitte jamais !

      1. Et ne parlons pas des enfants d’instit’ que tu reconnais aussi rapidement que leur parents !
        « Ah bon ? Le centre aéré ? Ah non moi je ne connais pas, ma mère était instit’, on n’y a jamais été ! »
        Je schématise un peu…

  19. Le seul point avec lequel j’ai du mal, c’est celui qui concerne l’EPS ! Trop bien, l’EPS pour détendre tout le monde ! Après, on peut redémarrer sur des activités sympas et ils sont HEUREUX ! L’EPS tous les jours, un moment ! Bon ! Maintenant, je peux toujours frimer…Suis à la retraite ! Argh !

    1. Non mais sur le fond, je ne suis pas contre l’EPS, du tout, hein. C’est juste qu’à organiser, particulièrement avec des cycles 2, et ben… c’est chiant. Souvent, en plus, on a peu de matos (je suis d’accord, ça résulte d’un choix d’équipe d’affecter l’enveloppe budgétaire plutôt ici ou là, mais bon). Bref, les miens, en tout cas, ils n’écoutent RIEN en EPS, je lutte constamment pour avoir une once d’attention afin de passer des consignes, donc ça m’agace prodigieusement.

  20. e. Demandant juste à un élève de dire merci, bonjour….cet élève m’as répondu que s’il racontais ça à sa mere elle me prendrais pour une folle…….

  21. Hello, moi je travaille dans l’enseignement spécial en Belgique,je pense que vous ne vous n’imaginez le courage qu’il faut,….Le direcreur,les collègues,les parents et vient en dernier, les enfants….Les multiples concertations(qui souvent ne se vent à rien vu ça se fait déjà pendant les heures de fourche ou temps de midi),donc on glande 1 heure de plus le mardi et jeudi pour essayer de trouver un sujet de concertation..on peut rajouter à ça conseil de classe, réunion du directeur, parfois réunion surprise,préparation des différentes fêtes, etc….paraît qu’on fout rien g fini à 15h45, en ayant une route de 35 km (à ce moment après toutes ces concertations et autres) je rentre vers 15h45, ….je vais vous un dire une qui est arrivée avec un de mes élèves …..marché de Noël à l école, tombola,un de mes élèves gagné le gros lot la traditionnelle dinde pour Noël. Il doit venir la chercher lundi avec ces parents: message au journal de classe: la dinde est vivante ou morte .? Bon courage à tous…

  22. Mais j’adore ce forum! des instits qui écoutent du métal en disant des gros mots… ça change des ekla blogs! Même si je les adore, et même que parfois, je rêve en secret d’en avoir un…

    1. Alors moi, je ne chiade pas assez mes prep pour prétendre à un eklablog ! Et puis surtout, je fais encore plein de choses à la main. Avec des Poscas, des feutres, des feuilles de couleurs… une vieille maîtresse de 30 ans (enfin 31, mais c’est un détail)

  23. Ce qui est clair, c’est que j’aurais aimé t’avoir comme instit… Je suis en plein dans les partiels et tes articles sont le souffle d’air frais de mes journées :) MERCI

  24. Moi je leur dis « crotte de bique » et « patate » même si spontanément d’autres choses voudraient sortir de ma bouche… Mon mari me dit « Je suis pas dans ta classe » quand j’ai un ton un peu pédagogico-directif! Et j’ai les larmes aux yeux quand enfin celui/celle qui galérait tant arrive à faire LE truc qu’on attendait tant (et là on s’en tape 5, ils adorent!)
    Bref je sais que je suis instit…
    Bonnes vacances!

    1. Han ! Moi aussi je dis « crotte de bique » « patate » (et sa variante « pomme de terre », et on s’en tape 5 hyper souvent ! Ils A-DORENT.

  25. J’adore! Mes expressions préférées en classe sont « Saperlipopette » et « Crotte de biquette (hommage à Mario Ramos), t’es rentré dans ta chaussette? » (hommage à des cybercops Canadiennes)
    Je suis « experte en photocopieuses » parait-il…
    Toujours des chaussures confortables et chaudes en hiver pour les surveillances!
    Souvent, une canaille me rappelle comme j’aime ce métier!

    1. Alors je disais aussi souvent Saperlipopette, sauf qu’avec le blog, je le déforme très souvent en SaMerlipopette. Du coup, je le dis moins. Mais je dis « schkreugneugneu » et « zoupilou ! »

  26. J’ai une illustration à tirage limité signée Claude Ponti.
    Je suis fille d’instit’ et je reconnais ma mère, mon oncle, ma tante et ma copine dans tout ce que tu décris.
    Tombée dans la marmite étant petite, j’ai choisi d’être libraire…Merci à ma Moun Toun Soun Olé Olé !

  27. Chag, tu es officiellement ma nouvelle déesse…
    Une maîtresse (comme mwa… enfin je suis stagiaire en reconversion, mais une bien hein), maman (comme mwa aussi), avec un humour qui décape tout (et dont je me délecte en lisant un petit billet par-ci par là…), c’est THE CLASSE!
    J’en aurais long à dire sur tes histoire de stérilet (j’ai aussi eu très peur de la taille de la boîte), de grelots et de classe, mais date oblige, je vais juste me contenter de te souhaiter:
    une photocopieuse qui marche toute l’année
    des mots d’enfants à se pisser dessus (au moins un par semaine)
    une lessive anti-mouquire
    pas trop de miasmes (je suis dans mon année « bronchite chronique du débutant)
    des gâteaux (avec la forme qui te plaira)
    … et plein de GRAAAAAAANDES RIGOLADES!!!

  28. Comme d’habitude, ton post est FABULOUS !
    Pour ma part, j’ai failli dire « c’est quoi cette merde! » en parlant de la table d’un de mes élèves (genre bouchon de stylo fourré à la rognure de gomme assaisonné à l’encre de Bic bleu) et j’ai bafouillé : « C’est quoi cette..ce…merdouilli »…le mot est resté et mes cm2 se le lancent dès qu’un des leurs poisse sa table ! (honte sur moi!)

  29. Merci beaucoup pour ce blog plein d’humour… j’ai du mal à me remettre de mon fou rire et je crois bien que je viens de réveiller mes 3 petites monstresses mais ça en valait la peine…t’es dans mes favoris, j’adore!!!

  30. Tu sais que tu es instit, quand une fois dans ta vie tu as acheté des Kickers, un Renault Kangoo avec l’auto-collant MAIF ou que tu vas chiner aux Emmaus le samedi matin. 😀 Site très sympa cela dit en passant, bonne journée à vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *