Tricoter une madeleine

maxetlesmaximontrestricot

Je ne sais plus très bien à quel moment le tricot est passé du stade ringard au stade bobo, ni vraiment quand un lien quelconque a pu s’établir entre cette sombre chose et moi.

Ah, si.

C’est quand j’ai vu que des gens vendaient des bonnets pour enfant à soixante-neuf euros. Des bonnets en taille deux ans, donc. A soixante-neuf euros. Du coup, je ne savais pas si, pour ce prix, c’était directement le mérinos australien qui filait sa laine au coin du feu, ou bien si on ne nous prenait pas un peu pour des cons. Mais des cons riches, apparemment.
Toujours est-il  que, comme toutes ces greluches des internets, je suis mue parfois par tout un tas de choses abstraites qui consistent à regarder ce que font les autres, pour enfin finir par les copier en ayant l’impression d’être incroyablement branchée. Le tout, non sans un certain snobisme très urbain, mais dont je m’accommode ma foi fort bien. L’étape suivante consistant à savamment le crier sur tous les toits pour répandre un génie que j’aurai usurpé.

Mais que voulez-vous, on n’a pas rien sans rien.

Du tricot, putain. Avouez que ça valait sacrément la peine de laisser le rade en plan pendant trois mois, pour revenir avec un truc aussi foireux, hein.

Tout est donc parti de cette foutue histoire de bonnet. Enfin, de bonnet, c’est vite dit. Le bonnet, c’est encore un accessoire de prolo. Non, je ne cherchais pas un bonnet, mais bien un béguin. Lutin, plus exactement. Parfaitement. Un fucking béguin lutin terriblement vintage, dans lequel je voyais déjà ma dernière née. Bien entendu, environ quatre minutes après avoir vu ce béguin, la vie sans lui m’est apparue bien fade, morne et terne. Elle ne valait évidemment plus la peine d’être vécue, en somme. Forte de ma personnalité de table basse, je venais donc de me créer un besoin consumériste du plus grand intérêt.

Alors, de fil en aiguilles (j’ai fait Jean Roucas LV2), je ne sais plus très bien comment – un trou noir, une absence, de l’alcool de riz ? – je suis ressortie d’un magasin qui sentait l’eau de Cologne et la teinture mauve avec une paire d’aiguilles n°7 et deux pelotes de laine Rapido marron.

Je me suis lancée, vidéos de tutoriels sous la main. Le point mousse, le plus facile, mais que je trouve joli quand même. Tu parles, ça m’arrangeait bien.
Il faisait nuit noire et même un peu froid, seuls les ronronnements du chat cassaient le silence du soir. J’étudiais le mouvement, le ballet bien orchestré de la laine qui danse autour des aiguilles. Je reproduisais alors cette première maille avec la concentration grave des gestes importants. Et puis, soudain, quelque chose s’est produit. A la deuxième maille, mes doigts ont couru, comme s’ils savaient déjà. Ma tête n’agissait plus, j’étais spectatrice de ces mains qui étaient miennes et qui récitaient là une chanson qu’elles connaissaient par cœur.

Sont alors remontés des souvenirs chauds et cotonneux, vieux de vingt-cinq ans.

Je suis assise près de la grande fenêtre du salon, mes pieds de huit ans ne touchent pas encore le carrelage. En face de moi, je vois ma grand-mère sur son fauteuil. Ses doigts tordus s’activent et ses lourdes aiguilles à tricot tintent en battant le rythme de celles de la grande comtoise. N’avez-vous jamais eu, enfant, ce sentiment étrange et rassurant que le temps s’était soudain suspendu ? Le temps, chez mes grands-parents, avait cela d’incroyable qu’il s’étirait à l’envi pour parfois sembler s’arrêter. C’est, je crois, que le temps des vieux et de la campagne aime s’égrainer pour mieux être délecté. Je détaillais alors, avec une curiosité sans faille, l’infinité des grains de poussière qui valsaient dans les rayons du soleil de la maison et sous la chaleur humide du radiateur en fonte. Parfois, je tentais même d’en capturer, dans une quête que je savais vaine.

En nouant ma laine, j’ai aussi revu ma grand-mère fouiller dans la grande armoire de chêne pour ressortir la boite de bonbons. Une boîte qui a rythmée mon enfance et dont j’avais oublié l’existence étrange. Des pastilles Vichy, toutes blanches, dans leur boite octogonale bleue. Aucun enfant de huit ans n’aime les pastilles Vichy. J’en prenais une, vraiment parce qu’il n’y avait rien d’autre. Et parce que ça lui faisait plaisir. Je n’ai jamais trop aimé la menthe, mais je peux encore sentir le goût sur ma langue, et le bonbon fondre en une poudre acide. Puis, elle reposait la boite, sur l’étagère du milieu, à côté de mille autres boîtes métalliques, dont la moitié au moins étaient des boites à boutons égarés, dont elle ne se resservait évidemment jamais.

Enfin, je nous ai revues. Elle, me montrant les mouvements des aiguilles sur mes petits doigts aux ongles rongés et plus très propres. Et moi, tricotant avec application et langue tirée ses restes de laines dépareillées, en une improbable écharpe qui ne couvrira jamais de cou.

– Allez, attrape la laine avec ta main droite…  une maille à l’endroit…
– Et ton tricot avec ta main gauche…  une maille à l’envers…
– Pique dans le trou, juste ici… C’est bien… une maille à l’endroit…
– Tourne doucement autour de l’aiguille…  une maille à l’envers…
– Attention, ne serre pas trop !  une maille à l’endroit…
– Voilà, tire ta maille sur l’autre aiguille…  une maille à l’envers…

C’est incroyable. Moi qui chéris mes souvenirs d’enfant, j’avais oublié durant toutes ces années, mais mon corps, lui, s’en est souvenu. Je ne tricoterai probablement que ce foutu béguin, que ma fille refusera très certainement de porter, mais qu’importe. Durant ces quelques heures, je suis à nouveau avec ma grand-mère et mes huit ans.

Il n’y a donc pas que le vélo, qui ne s’oublie pas.

Il y a le point mousse, et les pastilles à la menthe, aussi.

 


Édit : Une véritable œuvre d’art se cache sur la photo. Elle – ou plutôt il – a été spécialement tricoté pour moi, par les doigts d’or de la tenancière du Délit Maille, cadeau d’une fidèle lectrice. Je le garde jalousement, évitant de le secouer : Max a encore, au bout de son costume de loup, des grains de sable des plages du Nord, restes éphémères de son fabuleux voyage jusqu’à moi.

« Nous vous aimons. Nous vous aimons terriblement. Nous vous mangerons ! »


 Édit 2 : Si tu veux ricaner en admirant le béguin terminé, c’est sur la page Facebook du blog que ça se passe –> lien dans la barre de droite –> –>

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58 thoughts on “Tricoter une madeleine

  1. Je pensais pas qu’une histoire d’aiguilles à tricoter me donnerait autant envie de chialer (d’habitude, c’est Peacy dans Dawson qui me fait cet effet)
    C’est décidé, aujourd’hui je me mets au tricot. (et j’arrête de regarder Dawson)

    1. Alors effectivement, pour une question de santé mentale publique, il est préférable de stopper définitivement tout visionnaire de Dawson. Et de se mettre au tricot.

  2. Tu ne pouvais pas mieux revenir qu’avec cette histoire de tricot !
    Ma seule oeuvre dans le domaine est un pull rose que j’exhibe chaque année au ski. En dehors de cette période, j’avoue que je ne l’assume pas bien !
    Bon retour (oui,j’ai envie d’y croire) et bonne journée.

    1. Je crois bien que je serais parfaitement incapable de faire un pull. Trop long. Déjà, là, avec des poteaux électriques en guise d’aiguilles et des tuyaux d’arrosage en guise de laine, je trouve ça LONG.

  3. Je kiffe Max et les Maximonstres que je viens de découvrir avec ma fille, et j’adorais les pastilles Vichy qui sont l’alpha et l’oméga du bonbon de Mamie.
    Par contre tricoter me fait vraiment chier. Tu prends les commandes ? 😉

    1. C’est à dire que ça n’était pas un euphémisme : je ne vais réellement faire qu’un bonnet. Ou deux, si je m’ennuie. Alors avant de monter une entreprise de béguin lutin, de l’eau aura coulée sous les ponts.

  4. Snouf snouf, moi aussi c’est ma mamie qui m’a initié au tricot. Et apres ma meilleure amie a pris le relais. Et je suis toujours hyper fière de montrer à ma mamie ce que je fais en tricot en couture et en cuisine. C’est un lien qui nous unis tout ça et quand je me dis qu’elle ne sera plus là un jour, j’ai bien les boules.

    Merci pour ces jolis mots.

    1. Oh que oui, il faut en profiter à fond. D’autant plus lorsque nos petits vieux ont cette sérénité de ceux qui attendent la mort sans crainte.

  5. Mais que c’est joli ! Ça valait le coup d’attendre ! Mes tricotages d’enfant étaient rythmés par une comptine : « je pique je passe je tourne je lâche »… J’ai beaucoup tricoté, comme une forcenée par périodes. Je suis passée à autre chose mais mes filles ont pris le relais (nous avons donc beaucoup de bonnets).

    1. Ici Bulle n’avait pas vraiment l’air emballé par l’idée. Sa tête, dans le magasin de laine, c’était la même que si je l’avais amenée dans un bordel.

  6. Bonjour, je suis particulierement sensible a cet article parce que je suis creatrice de tricot, j’ai monté ma petite entreprise qui connait la crise il y a 1 an et demi et je vends des bonnets… et des beguins!!!! Le tricot c’est peut etre ringard ou bobo selon le point de vue mais c’est surtout pour moi un moment suspendu ou l’ont voit naitre sous ses doigts un cadeau ( certes moche au debut mais avec de l’entrainement on arrive a pouvoir les offrir) c’est etre entre l’artiste et l’artisan et bien souvent c’est un savoir que l’on a herité. J’adore mon travail et j’aime lire des histoires comme les tiennes.

    1. Il est probable que j’aie chouiné en ouvrant mon paquet. Max est très important pour moi. Il est une partie de mon enfance que je vous raconterai peut être un jour, quand j’aurai le temps (en 2031).

      1. j’ai la chance d’avoir DSK avec son peignoir, assis sur un fauteuil en osier, tricoté par Delit Maille. Je le garde précieusement enfermé (sur les conseils de Delit Maille) dans ma bibliothèque vitrée.
        Chag, moi aussi c’était ma grand-mère, mais pour le crochet. A Royat, pendant sa cure. Que j’étais fière de savoir -enfin- tricoter !

    1. Respect éternel. Mais à ma décharge, vraiment, la menthe, c’est pas ma came. A part dans le mojito, mais on sera d’accord pour dire que là, ça ne compte pas.

  7. T’arrives à me faire monter les larmes aux yeux en parlant tricot! Ce n’est pas tant le sujet que ce beau morceau d’enfance. Merci d’avoir partagé ça avec nous

  8. Les pastilles c’était mon grand’père qui était « tenancier » de la boîte :pastilles Valda,sorte de gomme d’un vert pétant parsemé de minuscules grains de sucre (il fallait bien ça pour faire supporter le goût bien pire que les Vichy)

    1. OH MAIS OUI !!!!! Mes autres grands parents avaient ça !!!! Enfin mon arrière grand-mere, plus exactement. Elle avait ça et, les jours de fête, des Quality Street

  9. Super touchant … Je n’aurais pas su le dire ‘si tant’ bien .. Et qu’elle patience il faut pour apprendre le tricot aux petits. Sont fantastiques nos mamies, mamans …

    1. Ah oui vraiment le tricot c’est LONG. Déjà que je trouvais la couture un peu lente… En fait la couture c’est juste comme il faut.

  10. Ma Mamie était une tricoteuse hors pair…. ce don n’est pas héréditaire…. elle a essayé de m’apprendre quand j’avais 8 ans, j’ai voulu lui faire plaisir et j’ai tricoté une écharpe…. pour ma poupée Barbie !! J’ai encore le dernier gilet qu’elle m’a tricoté, ça gratte, c’est affreux, il est trop petit mais je le garde. Elle est devenue aveugle et a été obligée d’arrêter le tricot à son grand regret. Qu’est-ce que j’aimerais qu’elle soit encore là, qu’elle tricote dans son fauteuil et qu’elle me dise d’aller chercher un carré de chocolat dans le buffet…..

  11. Le tricot c’était ma mère, les pastilles vichy, le crochet et le canevas c’était ma grand-mère. J’ai appris, petite, je ne sais si je saurais encore tricoter, déjà je n’ai jamais su monter les mailles, il me fallait du prêt à l’emploi, maintenant que plus personne ne peut me le faire, je passe mon tour.
    Ce texte est très joli, au-delà de l’exploit « tricotage », j’aime les souvenirs qui y sont liés. Touchée !

    1. Si tu as su faire, alors tu sauras. J’ai testé ce soir avec ma BFF, et pour elle aussi c’est revenu de suite. C’est dingue.

  12. Bonjour
    je te suis depuis longtemps (et sur IG aussi) sans jamais laisser de commentaire… Mais là, un article parlant de tricot … Je suis une grand tricoteuse depuis toute petite. Ton article m’a particulièrement touchée car je me souviens, comme toi, de mes premiers pas au tricot avec ma grand-mère.. J’avais d’ailleurs écrit une rédaction en 6 ème là dessus dont le thème était « Raconter vos premiers pas dans quelque chose de nouveau » (Bon, ça fait quand même plus de 40 ans!!). Mais je m’en souviens très bien (alors que j’ai oublié toutes les autres rédacs que j’ai pu écrire!!). J’avais adoré écrire ce moment si fort de partage, et le point mousse qui me faisait penser à la mer et aux bateaux!
    Et comme les grands mères d’aujourd’hui tricotent beaucoup moins, j’ai l’intention en APC de faire un atelier tricot après les vacances de février (je suis instit aussi!). J’espère pouvoir donner le goût à certains de ce plaisir de créer avec un fil et deux bâtons!
    Merci pour ton article. Bleuette.G (sur IG)

    1. En ce moment, tous les jeudis, je fais un atelier couture avec la CLIS, pendant que ma collègue prend ma classe. C’est génial. Ils adorent ça ! Le tricot ça peut marcher aussi !

  13. Chag, je te love ,je te kiffe, je me came à toi… ton instagram me fait toujours mourir de rire… je te conseille à toutes mes amies… et si elles arrivent là aujourd’hui je leur ai promis des barres de rire et elles auront des torrents de larmes… c’est malin je passe pour qui moi maintenant ????

  14. J’ai envie de dire… il était temps… mais surtout ça valait le coup d’attendre. Parce que moi aussi, je me souviens soudain des cours de tricot de ma mère-grand, le fameux point mousse, trop serré toujours trop serré… et que même, je m’y remettrais bien si je trouvais le temps. Ceci dit, tu m’avais donné des envies de couture y a quelques temps, alors je me suis fait léguer une vieille machine… qui dort dans sa housse depuis l’été dernier… hum.
    Bref. Et le béguin machin, on le voit bientôt en photo?

    1. Le béguin avance, mais là j’ai eu des soirées avec des amis et du boulot à fond pendant le week end . Je pense le terminer dans la semaine. A mon avis, il va être affreux !

  15. Tu me piques les yeux, là … Moi aussi j’ai appris avec ma grand mère, qui était experte …couture,crochet, broderie, tricot et j’en passe …j’ai laissé tout ça de côté, et là, depuis quelques temps, j’ai envie d’aiguilles à tricoter et de machine à coudre …mais sans les pastilles ( chez nous c’était des bonbons La Vosgienne ) ….

  16. Tricote ta valda ! Je ne sais jamais su tricoter et pourtant toutes mes aïeules ont essayé … Par contre trier les boutons et imaginer leurs vies délirantes, ça oui. Ton Max est magnifique, chanceuse !

  17. Comme c’est beau et bien écrit ! Chag, à moi aussi tu fais remonter plein de souvenirs ! Ma mamie adorait les pastilles Vichy et j’aimais bien les piquer dans la poche de son tablier. Elle m’a appris la couture et c’est ma maman qui m’a initiée au tricot. Maintenant je suis mamie à mon tour et en attendant de pouvoir l’enseigner à ma petite Cocotte, je tricote et je lui couds des vêtements. Et je me régale !
    Merci pour ce billet plein de tendresse.

    1. J’adorerais coudre ou tricoter des choses pour les bébés des copines (en attendant d’être une grand mère complètement gaga) ! Sauf que les trucs faits maison, je ne sais jamais très bien si les gens vont aimer ou faire un berk et les planquer au garage dès qu’on sera reparti.

      1. C’est vrai que je me pose parfois la question, mais tant pis si mes cadeaux restent au placard, j’ai tellement de plaisir et de bonheur à les fabriquer que je m’en moque ! les mères de tes amies ont peut-être conservé les colliers de nouilles qu’elles leur ont offert, alors tes copines peuvent bien apprécier tes créations, non ?? quand c’est fait avec le coeur, rien d’autre ne compte.

  18. aaahhhh, chag,le retour !
    mon pépé avait toujours des bonbons à la menthe (la pie qui chante-ça arrachait !!!!) dans les poches de son bleu de travail et là,j’ai tout qui revient :les machines impressionnantes,la poussière qui voletait dans les rayons de lumière,l’odeur du bois et la douceur de la sciure .mon pépé était charpentier …….

    1. J’aurais adoré avoir un pépé charpentier ! Mon père était chaudronnier, avant d’être prof de soudage et de tuyauterie (c’est lui qui a copié sur moi). L’odeur du bois, c’est quand même vachement plus cool que celui de la féraille brûlée !

  19. On a plein de points communs finalement (en dehors d’une sexytude indécente).
    J’ai AUSSI ma poupée du Délit Maille, à mon effigie, Madame, une vraie petite Blonde paresseuse tricotée par Anna.

    Ma grand-mère aussi tricotait non-stop, tout le temps. Ce qui me faisait halluciner, c’est qu’elle ne regardait même pas ses doigts, c’était complètement automatique. Elle tricotait pour les enfants, les petits-enfants, les arrières-petits-enfants (mon gosse, donc) et quand ils ont été trop grands pour continuer à porter des pulls maison, elle tricotait des « chaussettes pour les clochards », qu’elle apportait par sacs entiers à la Croix Rouge.

    Moi j’ai appris avec Maman surtout qui tricote super bien et j’ai eu une période tricot… fugace. Je pense que ça pourrait me reprendre, mais à tout bien soupeser, il y a de fortes chances que ça ne dépasse pas le 10ème rang de mailles.

    Mon gosse aussi sait tricoter (coaché par ma mère), il adorait ça petit et faisait des écharpes pour pour ses doudous et pour moi aussi (j’en ai une au point mousse pas dégueu).

    Alors ta p’tite histoire, elle est vraiment jolie et fait du bien parce qu’elle trifouille dans les souvenirs heureux…

    1. C’est génial que ton fils sache tricoter ! Il y a quelques années, ça n’était pas le genre de choses qu’on aurait pensé apprendre aux garçons ! Ma grand mère, du fond de sa campagne, a toujours été pour le mariage pour tous, mais elle n’a jamais appris à mes cousins à manier les aiguilles. Je pense que ça ne lui est même pas venu à l’idée ! Comme quoi.

      Sinon, une poupée à TON effigie ? C’est la méga classe !

  20. Le tricot, une vraie petite madeleine…
    Pour moi aussi, plein de souvenirs de point mousse ou de jersey (appris par ma mère), d’écharpes pour mes poupées et même d’un affreux bandeau marron tricoté avec amour pour mon papa… qu’il a porté longtemps le soir pour avoir chaud à la tête (ou pour me faire plaisir ??)
    Merci pour ce beau texte !

  21. Tu fais chier Chag, tu me fais couler mon rimmel (imaginaire, j’ai pas le temps). Sinon, moi ma grand-mère, elle avait des michokos (c’est quand même meilleur que les pastilles vichy).
    Ton article m’a fait grandement réfléchir sur le côté « mouton des internets »… Il y a peu j’ai déniché sur internet un burnous (ouais je me la pète si je veux) vu moult fois sur des blogs. Et quand j’ai vu le prix (138,40€ en solde pour un gilet pour gosse qui se boutonne à l’arrière), mon sang n’a fait qu’un tour. Et ma fille portera sa tenue verbaudet avec grâce.
    Par contre, je suis à deux doigts de commander la même table basse que toi ^_^, mais alors le béguin, je ne sais pas pourquoi, ça je ne peux pas.

    1. Hahahahaha ! Moi aussi, il y a quelques gros mois, quand j’ai vu les béguins en laine, je me suis demandée : « Mais pourquoi ? » Et puis, moutonnerie aidant, mon esprit fort n’a su résister. Quand Paupiette était bébé, je voulais lui faire une tripotée de béguins en tissu. L’ennui, c’est qu’il faisait 25 degrés et qu’elle aurait probablement arraché ces choses une par une. Là il fait encore 20 degrés l’après midi, donc bon. Mais je l’ai presque fini !

  22. Ouf ! J’ai failli manquer le billet laineux du trimestre… Tout doux et lumineux, comme chaque fois que tu ‘ Proustinate ‘, il me réchauffe le coeur, merçi du partage !

    J’ai pu entendre l’horloge et sentir le goût des pastilles Vichy, mais aussi celui des réglisses en escargot qui rendent la langue toute noire, avec la petite perle de sucre au milieu. Je me souviens des nombreux  » Viens que je t’essaye !… « , lançés par mamie-ronchon, jusquà l’ultime assemblage.

    Elle m’a guidée pour ma première oeuvre en maille, m’offrit la fierté d’affubler enfin mon vieux baigneur trop nu d’un pull rose fluo !
    Trois rangs en avant, un point raté…deux rangs en arrière !
    Cinq rangs en avant, trop serré… défaire trois rangs !
    Deux rangs en avant, maille avalée…un rang en arrière !
    Si laborieux , une mini Pénélope !
    Alors je n’ai plus fait que des carrés – pour composer une future couverture …

    Plus tard j’ai bien retenté toutes sortes de créations, bariolées, poilues, informes, qui attendent toujours soit une manche, soit un col, une bordure.
    Découragée, j’ai posé les aiguilles.

    Et à l’adolescence, soudain motivée, j’ai a-do-ré tricoter des écharpes kilométriques avec une endurance de marathonien. Moins de calculs, plus de plaisir, les aiguilles en mouvement hypnotisant mes hormones et des flots de pensées rêveuses vagabondant en cadence . Une autre fièvre passagère…

    Quand je m’y suis remise l’an dernier, c’est vrai, mes doigts ont aussitôt retrouvé la manière. J’ai encore quelques progrès à faire côté patience pour un grand ouvrage…achevé. Je crois que je vais mettre cette ambition de côté pour mes cheveux blancs…
    Un lutin, quelle bonne idée !

    8~~~~/♥\~~~ (←tricot du jour)

    1. C’est drôle que tu ais aimé ça à nouveau à l’adolescence ! Pour moi, ç’aurait été inconcevable ! Néanmoins, je ne me leurre pas : la couture, le tricot et le scandintage… c’est sûrement mon côté bobo qui parle. Chiotte

      1. C’était un bon dérivatif apaisant à la gamberge touzazimuts de cet âge, pendant les longues soirées d’automne frisquettes ! et de plus, une sorte de doudou qui ne dit pas son nom, s’enroulant autour de toi au fur et à mesure .
        Avec de la belle laine qui ne gratte pas.
        Je ne sais plus si j’étais tendance ( il m’arrive toujours d’avoir plusieurs trains d’avance sur le prochain défilé, ou d’être carrément rétro, pré-vintage …) mais je les ai portées longtemps , ce qui m’a valu des commandes, que j’ai déclinées.
        Faut pas pousser…jusqu’au tennis elbow !
        Pour les autres, je ne faisais que du mini : bandeaux, manchettes, écharpes de bébé, fleurettes, bérets ! selon les restes et l’inspiration, avec le coeur, pas à la demande ça me bloquait. Après ils appréciaient ou pas, à eux de voir…

        1. Au fait, Happy Birthday to Powpiett au mignon beguin lutin !
          Tout plein de rires de bêtises de découvertes de cocoon de zik de big bisoux sur ses joues dodues et tout et tout !!!

          ~ Ï Ï ~ ☺* ☼ ♪ ♪ ⌂ °▲*☺ ♫ ♥ ♥ ♥

  23. Qu’il est joli cet article, rempli de madeleines d’enfance…
    Ca valait le coup d’attendre.

    Moi aussi, ma grand mère m’avait appris et sans doute cela reviendrait ? J’avais dû entamer l’ébauche d’une écharpe avec elle.
    Tout cela en suçant, au choix, des pastilles Vichy, des bonbons des Vosges à la sève de pins que je n’aimais pas, ou des Solutricine Vitamine C à faces jaunes et blanches (il me fallait finir pas la face jaune acidulée !), le Graal du faux bonbon !

    Tu as réveillé plein de jolis souvenirs ce soir

    1. C’est drôle, quand même, cette histoire de bonbons de vieux. Je me demande si j’aurais des M&M’s planqués dans mes placards, quand je serai vieille. Et si ce sera terriblement ringard. Parti comme c’est, mes petits enfants suceront certainement des pousses de soja bio et ramassées à la pince à épiler équitable.

  24. « Je détaillais alors, avec une curiosité sans faille, l’infinité des grains de poussière qui valsaient dans les rayons du soleil de la maison et sous la chaleur humide du radiateur en fonte. Parfois, je tentais même d’en capturer, dans une quête que je savais vaine. »

    J’ai trouvé ces deux phrases magnifique. Nous ne prenons plus le temps de nous ennuyer aujourd’hui

  25. Je vous suis sur Instagram depuis quelques semaines. Je ne me souviens plus vraiment comment j’ai atterri sur votre profil, de fil en aiguilles sûrement… 😉 En tout cas, vous avez une plume exceptionnelle aussi bien dans le beau que dans le trash! Vous lire c’est un peu comme les petites pastilles Vichy dont personnellement je me délectais, pas chez la grand-mère mais dans la voiture du père.
    Merci en tout cas pour les grosses poilades et les larmichettes à l’œil. Si un jour vous en venez à aller au boulot à contre-coeur, votre reconversion est toute trouvée et je serais une des premières à acheter vos écrits! 😉
    Bonne soirée.

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