Quand on partait de bon matin…

MINOLTA DIGITAL CAMERALes lardons étant sous-loués pour quelques jours, Zhom et moi avons eu l’idée folle de faire une balade à vélo dans Bordeaux. Le soleil était revenu, nous n’étions que tous les deux, chabada-bada.

L’autre jour justement, ma binômette adorée m’a dit : « Quand tu vis en ville, le vélo te sert avant-tout à te déplacer. Quand tu vis à la campagne, il ne sert qu’à se balader. » J’approuvais totalement cette remarque intelligente, bien que mon vélo prenne la poussière depuis des années dans le garage. Ce n’est pas l’envie qui me manquait de lui faire voir la lumière, mais vous avez essayé, vous, de vous balader à vélo en ville, avec un lardon mâle dans le porte-bébé (dures, les pédales, d’un coup) et un lardon femelle totalement étourdie, qui zigzague sur la route le nez en l’air ? J’ai tenté. Une fois. Et je me suis dit « plus jamais ». Enfin plus jamais, jusqu’à ce que Bulle mette de côté cette poésie de la pédale, et se concentre davantage sur les voitures qui déboulent de partout (chut, ce moment est bientôt proche).

Mais hier, nous n’étions que tous les deux ! Et j’étais super enthousiaste à l’idée de jouer à mon tour les poètes de l’asphalte. On aurait enfourché nos bécanes, et vas-y que la ville aurait été à nous. Cuicui, que faisaient les piafs autour de nous. Mais….

Déjà, Zhom a sorti les machines de folie. Il faut savoir que l’Homme, plus coutumier du deux roues que de la voiture (baaah, la pollution, c’est pêché fort), n’entretient pas son véhicule. Aussi, quand j’ai attrapé le guidon de mon vélo, il s’est direct dévissé, manquant à deux doigts de m’ouvrir le menton avant le premier coup de pédale. Un coup de clé à molette pour reserrer. Refroidie, j’ai pris le vélo de Zhom. Et paf, la selle qui se dévisse aussi, et penche et tourne sur son axe (le premier qui parle de régime ira manger ses morts en enfer). Deuxième coup de clé. Passé ça, on était enfin partis.

Au bout de quelques centaines de mètres, j’ai compris les trois centimètres de poussière. Mon mollet de grande sportive commençait à m’envoyer des signaux de détresse. Du genre « grosse feignasse, dégage du temps pour m’entraîner régulièrement parce que là, j’en chie ! ». J’ai feint de l’ignorer, le chien.

Après avoir évité la foule de la rue Sainte Catherine, on a déboulé sur les quais de la rive gauche, summum de la « bobotitude » bordelaise (j’y reviendrai dans un prochain article). Il faut quand même avoué que quand on a connu les anciens quais, les news claquent à mort. Le miroir d’eau, la place de la bourse, les jardins, les pelouses bien tondues, l’air de la rivière, le tintement du tramway… y’a pas à dire, ça en jette. On a donc pu y croiser les joggeurs en vacances, les fameux skateurs (je suis certaine que mon futur gendre s’y trouvait), les grand-mères au chapeau venues dérouiller leur arthrose, et ces familles parfaites, avec Papa et Maman beaux et riches (à noter que Maman, après avoir pondu, à trois ans d’intervalle, des jumeaux puis un grumeau femelle, rentre dans un 36, la morue), les morveux aussi, forcément, sont beaux, polis et habillés chez Cyrillus. Maman, vue sa taille encore mannequin, aurait pu se taper une garde-robe de chiennasse, mais non, elle s’habille BCBG, et puis ce col claudine, ce collier de perles et ce serre-tête de velours lui vont si bien… Quel ennui…
Un fois les quais remontés jusqu’au bout (on a croisé pas moins de 5 paires de jumeaux, signe du destin ou pas, je vais prôner l’abstinence pendant un mois entier, voire deux), on est rentrés en passant par la ville. Le calvaire reprenait donc, alors que je venais à peine de commencer à siffloter du Charles Treinet en jouant du pédalier. Le bus. Le putain de bus, devant nous, qui démarre d’un trait avec un grand coup de pot d’échappement. Si on était dans un dessin animé, je serai ressortie couverte de suie. Incident de parcours, je ne suis tout de même pas prête à me transformer en Mickaël Jackson du bitume.
Mais l’accessoire le plus mieux du vélo, quand même, c’est la selle. A moins d’en avoir une construite par la NASA, cette raclure de bidet te mâche le cul avec une vivacité acharnée. A tel point que tu te demandes même s’il ne serait pas préférable de revenir jusque chez toi en danseuse. Ou en tram. Sauf qu’il n’y a pas de tram, que t’es à cinq bornes de chez toi, et qu’il y a encore une ou deux côtes à te fader. A ce stade, ton mollet se suicide déjà, et tente de filer aussi des envies suicidaires à ce qui te sert encore de cuisses. Mais que nenni, pour l’instant, tu pédalerais sur le porte-bagages, si tu pouvais, tellement ton postérieur est en train de décéder. L’espace d’un instant, tu te demandes même s’il est possible d’avoir les os du cul fellés, et si le lendemain, tu vas te lever avec le cul transformé en double aubergine géante. Ne rêve pas, tu ne profites plus du paysage depuis belle lurette. Là, bien que tu ais pensé à te coiffer avant de partir, à prendre tes lunettes de star et ce petit t-shirt qui te fait un décolleté de poufiasse, tu ressembles à s’y méprendre à une otarie haletant et puant la transpi à dix bornes. Oubli ta coiffure, tu t’en fous comme de ton premier tampax. Tes lunettes sont de travers, et ton t-shirt sexy se prend pour Bob l’éponge… La classe.

Puis viens le mètre béni des dieux. Celui où tu peux enfin descendre de ta maudite machine. Limite tu lui cracherais dessus, à cette ingrate.

Sauf que le vélo, ça me fait le même effet que l’accouchement aux nanas (les normales, pas moi, hein) : après, quand j’y repense, les derniers mètres s’effacent, et on ne garde que la balade extra.

Allez, cet aprem, on rechausse les pédales, et on va glander du côté de la rive droite… C’est chouette, le vélo en ville.

Elle est pas belle, ma sonnette ?!

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10 thoughts on “Quand on partait de bon matin…

  1. Y’a pas que les serre-têtes en velours les culs serrés sur les quais! J’attends avec impatience le prochain post sur les quais rive gauche, avec un paragraphe spécial consacré au marché bio bobo des chartrons stp!
    😉

    1. Non, pas que. N’empêche que ce marché bio bobo des chartrons, c’est tout comme l’histoire du serre-tête. Tout est honteusement plus cher, simplement parce que ca devient trop hype de faire son marché là-bas ! I love Bx ^^

  2. Y a un passage qui nous as donné envie d’une balade bordelaise :) mais surement pas en vélo ! ! ! je n’aurai pas mieux décrit ce … « passe-temps » …

    1. Le problème avec la moto, c’est qu’en deux heures de balade à vélo, toi, tu fais trois fois le tour de la rocade ! C’est moins sexy quand même… ^^ L’avantage toutefois, c’est que ça fait quand même vachement moins mal au cul ! des bises au râleur et à sa famille

  3. Merci pour le clin d’oeil à mes occupations de campagnarde! N’empêche que pour le vélo ya deux écoles : il y a le vélo des villes et le vélo des champs, c’est comme pour les souris!

    1. Ma binômette adorée, tu vois, on se complète à merveille même sur le vélo ! On aurait fait de bonnes souris… ^^

  4. J’attends moi aussi ton article sur les bobos avec impatience. Mon mémoire de maitrise portait exactement sur ce sujet, aaaaaah la belle époque de quand on était des étudiants jeune et beau…. enfin surtout jeune pour moi mdr 😉

    Sinon tes articles me font toujours autant rigoler, merci.

  5. Bon et les fesses que tu as endolori sur ta selle ça sert justement à y aller à la …………..On y revient toujours !!!
    Ah oui Charles c’est « T R E N E T » pas de « i » à l’horizon comme si moi j’écrivais « ciaca » on ne comprendrais plus rien !

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