Parlez après le bip sonore

collier bonbon

Mes marcassins,

Comme tu as pu le constater par toi-même, le blog végète sévère depuis quelques semaines. Non pas que je n’aie plus d’inspiration après mon dernier article qui a fait péter tous mes scores (mon génie n’a pas de limite, je te rappelle), mais pour un prof, la fin de l’année, c’est aussi la fin des haricots, des cacahuètes, des soirées et des nuits complètes. Si tu rajoutes à ça l’idée improbable qu’il m’a pris d’emmener vingt-cinq morveux jouer à Cro-Magnon pendant trois jours loin de chez eux, on frise la connerie en barre. C’est tout moi. Je m’énerve.

Oh je sais, ça te fait bien marrer quand je me plains, je t’entends ricaner derrière ton ordi sur les deux mois de vacances que je vais me cogner par la suite. Et tu as bien raison. Il n’empêche que pour le moment, à part dans mes rêves la nuit, les vacances sont bien loin.

Petite récap’ pour que tu chouines un peu sur mon sort : trois classes, trois fois des bulletins, trois fois des séries d’évaluations interminables, trois fois des projets à boucler, trois fois des « Merde, j’avais zappé ce point du programme ! », trois fois des papiers à envoyer, trois fois des stylos rouges en panne. Trois fois. Et si les autres années, on avait au moins les barbeuks et les apéros à la plage en guise d’antalgiques, cette année, on a tous des actions des Royco (je suis à deux doigts de faire mon sapin).

Pour couronner le tout, j’ai arrêté de fumer (tout arrive, d’un coup d’un seul, comme la chiasse), je me paie donc la surprise du deuxième effet Kiss Cool : une bronchite chronique de la mort qui tue depuis trois semaines. Mais ça évidemment, c’est comme l’accouchement avec les primipares, il a un code d’honneur top secret : les désagréments tu tairas. M’enfin le bordel est quand même costaud (je suis la rebellion). Du genre à te faire lever la nuit en pleine quinte, pour cracher un morceau de Godzilla salvateur. Temporaire certes, mais salvateur quand même (bon appétit à toi aussi). Avec mes nuits écourtées, il ne manquait plus que ça. Chaque nuit, vers trois heures, j’hésite à me rallumer une clope pour faire passer cette merde. Et puis je me rappelle que je n’ai plus de clopes, et que je l’ai bien cherché. Je suis donc officiellement en désintox.

En gros, je suis débordée. Laisse moi boucler cette année, ruminer sur mes vingt-dix ans à venir, et je te promets des surprises bloguesques dès la première semaine des vacances.

En attendant, je m’en vais à mes évaluations, mais non sans t’annoncer une petite nouvelle bien sympa : toi qui as suivi mes galères de TRS, sache que le 4 juin, pour la première fois, j’ai obtenu un poste au mouvement. Un poste de rêve à mon échelle. Une école dans laquelle j’ai travaillé pendant deux ans en tant que bouche-trou, et où je suis tombée amoureuse de l’équipe, des enfants, de la vie toute douce qui y coule malgré les bosses de la vie qu’on se prend parfois, de la bienveillance et de l’immense respect dont tout le monde fait preuve envers les enfants, c’est mon école de l’amour, et c’est moi qui l’ai eue. Dire que j’étais heureuse est un euphémisme. En apprenant la nouvelle directement par la directrice, j’ai écrasé quelques larmes de soulagement en pleine classe. Enfin une classe. Enfin ma classe.

Le seul point négatif, c’est que je quitte aussi une école formidable, dans laquelle je bosse à mi-temps depuis trois ans. Une école particulière, aussi. Une école qui ne mérite pas sa mauvaise réputation. Une école où on peut dessiner des bites sur le compte-rendu de conseil d’école pour faire marrer les collègues. Une école qui va s’unifier l’an prochain pour se faire belle. Une école où on s’engueule mais où ça finit en apéro. Une école dans laquelle des collègues sont devenues des amies. Une école dans laquelle je dispense des conseils gynécos et où je finis les desserts de ceux qui mangent à la cantine. Une école dans laquelle je me suis sentie chez moi pour la première fois. J’ai eu un gros pincement au coeur en pensant aux enfants que j’ai vu y grandir, aux parents rock’n’roll et surtout aux collègues que je vais y laisser. Une page se ferme pour moi. Et elle a la même odeur que ces vieux livres dans lesquels on plonge le nez pour y respirer des souvenirs heureux. En septembre, j’emprunterai un nouveau livre, avec sûrement d’autres choses nouvelles à raconter ici.

Ce soir, en attendant le réveil estival de Samerlipopette, je voudrais que chacun ait une petite pensée pour tous les remplaçants de galère, tous les TRS de papier, tous les ZIL de perpette, tous les instit d’ITEP qui n’ont rien demandé, et tous les autres.

Pour tous les bouche-trous auxquels on ne pense jamais : courage les gars, you rock.

A bientôt, mes bébés furets. Je vous love.

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Votre dévouée neurasthénique.

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12 thoughts on “Parlez après le bip sonore

  1. Alors dans l’ordre … Bon courage ! Courage ! Félicitations ! et Re-félicitations ! … Je crois que je n’ai rien oublié … Ah et oui ! vivement les vacances qu’on puisse te lire plus !

  2. Je ne te l’ai jamais dit mais je t’aime. Alors oui comme ça, ça fait un peu foufou. Mais des postes un peu pourris j’en ai eus. Des fins d’année difficiles, j’en ai eues. Et comme là j’en ai marre, que même les 2 mois de vacances ne me consolent pas de cette fin pourrie, ton article me fait chaud dans mon cœur. Je suis bien contente pour toi que tu aies enfin un vrai poste-classe.
    Moi je vais entamer ma 4ème année de ZIL et je ne veux rien d’autre. Ah si. Me barrer.

  3. Le coup de la bronchite c’est vrai qu’on le dit pas, c’est un peu le serment qu’on fait après avoir accouché, comme dirait l’autre, sinon, les gens sont pas cons, ils n’arrêteraient jamais de fumer !!! Surtout si en plus on leur parle des 10 kgs qu’ils vont prendre dans leur face …
    Pour ton poste, je pense avoir trouvé un truc super original à te dire : Félicitations ! (je sais, ça déchire un peu sa race !)

    1. @ Emma Globine : Merci bien ! Je profite d’ailleurs d’une quinte de chacal pour répondre aux commentaires de la journée.

      @ kanddye : Comme je te comprends. Courage, un jour, ce sera pour toi. Moi aussi je détestais les gens qui me disaient ça parce qu’on ne sait pas quand ce « un jour » arrivera, excepté que ça peut prendre une éternité. Alors juste : courage.

      @ Cécile : Les dix quoi ???

      @ Marjolaine Mamour : Excideuil, ce charmant mélange entre excision et deuil. Le truc que rien que le nom t’as envie de mourir un peu. Allez allez, avec un peu de bol, tu vas taper chez les consanguins du Médoc ou du Blayais ! héhé

  4. Depuis le temps que j’attendais le résultat, j’avais peur que ce ne soit pas bon. Alors, quand une bonne nouvelle tombe (tu as TA classe !), ça fait un grand plaisir.
    Et arrête de chouiner, ta neurasthénie est due au stress de fin d’année, dans quelques semaines ça ira mieux (pour la bronchite aussi).
    Quant à partir 3 jours avec 25 petits, sincères condoléances.

  5. oh super nouvelle pour ta mut!!!
    je suis dans le même cas que toi…j’ai eu ma mut, je me rapproche de chez moi…mais je quitte une équipe formidables et des nains auxquels je me suis attachée….

  6. Je ne résiste pas à l’envie de laisser un petit comment… On était en PE2 ensemble et je découvre ton blog avec bcp de plaisir, je ris bêtement devant mon écran en fait!
    Je fais partie des chanceuses qui ont eu leur classe des la T1…mais t inquiète, y a une justice, car c’est dans le Blayais…le Nord Blayais même!! C’est Céline qui m’a parlé de ton blog, Céline qui a préféré l’Inde au Nord Blayais…et moi c’est Mélanie, j’y suis j’y reste, on y est pas si mal, et puis ici la caste inférieure ce sont les médocains 😉 On est tous le con de quelqu’un d’autre!!
    Je pense que je n’ai pas fini de te lire, c ‘est tellement vrai!! le café…la photocopieuse…. j’adore!!
    Passe de très bonnes vacances!
    Mélanie

    1. Rho trop bien ! Mélanie !!! J’espère que tout va bien pour toi ! Mes condoléances pour le Blayais :) Il me semblait avoir entendu que tu avais eu une classe sur Lormont. Comme quoi, le téléphone arabe chez les instit’ marche moyen. Effectivement, on est tous le con de quelqu’un. Certains sont juste les cons de beaucoup plus de monde, héhé. Céline en Inde… Je bave sur chacune de ses photos ! Céline : t’es une sacrée morue, toujours en vacances en plus ! Qui l’eût cru, l’eldorado du fonctionnaire français est l’inde. Harikrishna.
      A très bientôt, sur le blog ou ailleurs ! zoubi

  7. Céline vient de passer 4 jours chez moi entre deux voyages! Petite consolation : elle reprend les cours mi juillet, faut bien bosser un peu :)
    Le telephone arabe avait bien fonctionné, j ai eu un poste a Lormont mais j’ai pas réussi à quitter mon Blayais d’adoption ( ooh la loose!) J’ai rencontré mon chéri ( un gars du Blayais, triple loose :) et j’ai plus voulu partir…j ai pu garder mon poste ici. Depuis y a eu la maison à la campagne et le ti baby donc no regrets! J’ai découvert que contrairement à ce qu’on pensait à l IUFM, il y avait des gens normaux ici ( quelques uns au moins!)
    Y a aussi beaucoup de chasseurs qui roulent en voiturette et qui tirent sans même descendre de leur bagnole…!Et une centrale nucléaire pour la jolie vue…
    Bonnes vacances!!!
    Mel

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