Ma balance, cette farceuse

balance

Depuis plusieurs semaines, sans raison apparente, je maigris. Enfin, plus exactement, on maigrit. Oui, tous les quatre en même temps.

Du moins, c’est ce que je croyais.

Figure toi que ma balance m’a fait une super blague. Blague qui lui a coûté la vie, d’ailleurs (je n’ai jamais eu d’humour concernant les maths). Les balances sont des merdes en boxe thaï, d’autant plus qu’elles ne ripostent jamais. Autant te dire que j’ai gagné.

Je t’explique.

Mis à part les grelots, on est plutôt bien en chair, chez nous. Pas énormes, hein, on a juste un peu trop de ce qu’il faut, là où il ne faut pas. Un truc héréditaire (la génétique est une pute) (la gourmandise, aussi). Bien sûr, on rêverait de retrouver la silhouette de nos vingt ans (douze ans, pour moi, juste avant cette hyène de puberté). Pourtant, hors de question pour l’Homme et pour moi d’entamer le moindre régime, bien trop peur du fameux effet-yoyo-que-plus-tu-maigris-plus-tu-grossis. Va comprendre.

Et là, depuis quelques semaines, à la pesée matinale (oui, je me pèse tous les jours après le caca du matin), tout doucement, mais surtout très sûrement, je perdais des grammes. Mais petit à petit, histoire que je ne m’aperçoive de rien (la balance est fourbe).

Je n’étais pas peu fière de voir les nombres baisser lentement. Sans aucun effort, en plus ! Chaque matin, je contemplais les chiffres divins, et je filai, à poil, mater ce corps encore trop grand en plein dans le miroir. Pas de doute, je maigrissais. Oh, ce n’était pas flagrant, mais là, juste là, ce bourrelet auparavant si énorme ne l’était plus autant. Là aussi, ça avait fondu, mes cuisses avaient l’air un peu moins goulues qu’avant. Elles devaient moins s’aimer parce qu’elles se touchaient un peu moins (c’est un truc de fille, les cuisses qui se touchent). Bref, c’était le pied.

Ce qui me chagrinait un peu, c’est que manifestement, mes vêtements ne l’entendaient pas de cet œil, et plus je maigrissais, plus ils rapetissaient, les bougres. C’est décidé, il allait falloir que j’arrête de tout coller au sèche-linge, c’est mauvais pour les fibres (toujours se soucier de la fibre). Le fait que j’aie toujours fait sécher mes sapes au sèche-linge n’entrait bien entendu pas dans la considération du moment. On peut pas avoir 148 de QI et penser tout le temps à tout. Non.

C’est ainsi qu’il y a quelques jours, je monte sur ma nouvelle chérie, la chevauchant avec fierté et empressement (j’avais envie de lui rouler des pelles), et là, mon nombre fétiche est apparu. Celui que je n’avais pas revu depuis cinq ans, date de la couvaison du lardon : je venais de changer de dizaine. Doux Jésus (je suis allée à Lourdes). Je crois que j’ai bien failli en tomber à la renverse, en plus de verser ma petite larme. J’ai donc pris l’affichage digital en photo, le transmettant immédiatement à qui veut le voir, avec ce petit mot délicat : « Ça y est, je crois que j’ai tout compris ». C’est ainsi que je me suis transformée en quelques heures en VRP de l’équilibre alimentaire. La Mollah Omar de la bouffe. Et vas-y que je t’explique Zermati. Que j’avais tout pigé au bouquin alors que j’en n’avais lu que la moitié. Blablabla. Nadinemouk.

J’étais aussi contente parce que cette année, j’allais pouvoir rentrer correctement dans mon pantalon de snow. Les autres années, il me serrait un peu. Je l’avais acheté il y a trois ans, une demie taille en dessous, parce que « j’allais maigrir, c’était sûr » (et mon cul, c’est du poulet). Lors de l’essayage de cette année, c’était étrange parce que lui aussi avait rétréci (comprends que je ne fermais toujours pas les deux boutons du haut). Or, lui, il n’était pas passé au sèche-linge.

J’ai donc appelé les grelots pour qu’ils viennent se peser aussi. Bulle est mince, pas de soucis. Grelot, lui, c’était différent. Il n’est pas mince, il est maigre. Mais quand je l’ai pesé, j’ai failli m’étrangler. Il ne pesait plus qu’à peine neuf kilos. Encore une fois, impossible de mettre cette pute de balance en cause : mon fils était MALADE. J’ai donc affolé tout Facebook avec ça. Limite si je me suis pas retapée les saisons d’Urgences, Dr House et Grey’s Anatomy. En dix minutes, je lui ai diagnostiqué un lupus et un syndrome de Wegener, encore deux minutes et je lançais une NFS-chimi-iono-gaz-du-sang (je t’ai déjà dit que je voulais être médecin?).

Et puis, le grelot est parti en vacances chez sa grand-mère. Morte d’inquiétude à l’idée de récupérer un sac d’os pendant une semaine. Je crois qu’avec tout ce qu’elle a acheté, elle aurait pu nourrir la Somalie et le Darfour pendant trois mois. Et puis, elle l’a pesé. Chez elle, puis chez ma soeur. Evidemment, sur leurs balances merdiques, il faisait quelques kilos de plus que sur la mienne. J’aurais pu être rassurée. Que dalle. Forcément, c’étaient elles qui se gourraient.
Je veux dire : j’avais MAIGRI. Bordel de cul.

Après quarante-sept tests sur quarante-sept autres balances, je me suis rendue à l’évidence, cette teupu m’avait grugée. Mon poids n’avait pas bougé d’un poil de cul de mouche. Aux chiottes les missions de VRP.

Le lendemain matin, je me suis pesée. Sur ma farceuse. Les chiffres bénis étaient toujours là, à se gondoler devant ma tronche moins réjouie qu’à l’ordinaire. Et puis, toujours à poil, je suis allée me trainer devant le miroir, qui lui aussi s’est bien fendu la poire. J’ai bien observé. Rien n’avait rétréci, finalement. Les mêmes bourrelets, les mêmes cuisses. Qui se touchaient trop. A bien y regarder, j’aurais même parié que tout était encore plus gros qu’avant.

Les filles sont compliquées. Les cuisses qui s’aiment trop, aussi.

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12 thoughts on “Ma balance, cette farceuse

  1. Terrible!! 😉 et je confirme, la soeur c’est moi et ma balance n’est pas aussi sympa que la sienne… Bien au contraire malheureusement :(
    Mais ton lardon nous a dit « chez maman je mangerai pas parce que j’en ai marre de la soupe »! ca, c’est fait… je vois pas pourquoi tu te casse la tête à lui faire à manger, il ne voit que ta soupe!

  2. Excellent. Moi aucun souci de balance vu que je n’y mets jamais les pieds. En revanche le miroir lui il me vieillit chaque jour un peu plus en me rajoutant des rides et en blanchissant mes satanés cheveux.

  3. J’ai voulu acheter un jour une balance sur le bon coin (cela faisait un moment que je n’en avais pas), j’avais des piles, c’était pas les bonnes, j’en achète, je me trompe, ce n’est toujours pas les bonnes, je finis par acheter les bonnes piles (autant dire que j’ai dépensé deux fois plus en piles que pour la balance) et en fait la balance ne fonctionnait pas. J’y ai vu un signe du destin et finalement j’ai continué sans balance (je ne suis pas superstitieuse à part quand cela m’arrange…).

    1. Je suis aussi passée par la case « piles à changer ». Les chiffres étaient les mêmes, raison de plus pour penser que mon poids était le bon. Mais sans mon rituel de pesée matinale, c’est l’hallu, je pète un boulon.

  4. Pratiquez avec moi la philosophie du « ça pourrait être pire » en montant sur la balance ! Par contre, je n’ai pas encore fixé la limite du pire 😮

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