Love school

Afficher les détailsIl y a quelques mois, avec deux de mes collègues de Chicago, on a eu l’idée un peu diiiingue de faire partir nos deux classes (oui, deux, pour trois) (c’est une longue histoire, je t’expliquerai) en classe découverte en Dordogne, au mois de juin prochain.
Une petite semaine à lancer la sagaie, fabriquer des rhombes (-> Google), peinturlurer des grottes, et bouffer des MacMammouth. Alléchant, hein ?

Mais c’était sans compter la mairie de Chicago, qui trouve du pognon pour faire construire une nouvelle école à six millions d’euros, mais qui n’a pas trouvé bon de nous en filer juste un tout petit peu. C’est vrai quoi, autant avoir une future cour de récré avec des arbres qui coûtent un bras, plutôt que d’envoyer une cinquantaine de gamins, dont une bonne partie défavorisée, voir pour une fois plus loin que le bout de leur cité. Non, pas moyen de moyenner. Alors il a fallu revoir à la baisse les ambitions, décider de ne partir que trois jours, et se sortir encore un peu plus les doigts du cul pour monter des dossiers, fabriquer et vendre des cartes de voeux, organiser un loto, un cours de zumba… Bref, ramener des thunes, quoi (j’ai proposé la prostitution pour mannequins et le calendrier dénudé, mais j’ai des collègues frileux) (mouaha).

Comme on est chiantes et têtues (je parle surtout pour les deux autres), on porte le projet à bout de bras pour nos loulous, en croisant les doigts pour trouver le gros chèque qui nous manque.

En attendant, tu penses bien que des mômes de 7 et 8 ans qui partent pour la première fois loin de chez eux, ça leur colle les j’tons à donf. Du coup, comme on est des maîtresses extraordinaires (je parle surtout pour moi), on a décidé de ressortir la bonne vieille boîte à questions. Totalement anonyme, les élèves y glissent en douce une question qu’ils se posent sur le voyage, et quand on a un moment, on ouvre la boîte.

C’est toujours un grand moment, de lire ces petits mots. Enfin, plus exactement, c’est là où on se demande ce que ces putains de morveux branlent pendant qu’on tente de leur faire apprendre l’orthographe…
C’est souvent mignon, un rien curieux, plein de doutes, de pudeur, de secrets chuchotés à l’oreille, de peur, aussi. Alors on déplie le tout petit papier, plié tellement de fois que ça ferait pâlir de jalousie n’importe quel Japonais origamiste, puis on lit, et on rassure… Les angoissés, les excités, les peureux, les grégaires, les solitaires… :

lonely

(le pluriel, bordel !) (la négation poétique, c’est l’accent, ça compte pas)

Parfois aussi, on a des artistes que l’on ne soupçonne pas. Comme cet élève qui me rend très fière, puisque c’est moi qui enseigne l’histoire de l’art :

tableauOutre le fait que j’ai très mal à l’homophone grammatical, j’ai noté la présence du petit dessin. Histoire sûrement que je ne confonde pas tableau excel et tableau d’art, tu vois.  Admire ce personnage hiroshimesque (j’ai fait le cubisme). Du minimalisme encadré. De l’art, quoi. Le fait de demander si on peut emmener un Picasso en classe verte ? Normal,  quoi.

Et puis, cette année, j’ai déplié un papier, avec un petit mot auquel je n’avais encore jamais eu droit. A tel point que j’en fus totalement surlecuffiée, avant d’en rire comme une baleine (mes collègues m’ont dit que c’était MAL d’avoir ri) (ils n’ont pas d’humour). Je te rappelle, avant que tu ne le lises, que nous partirons donc trois jours (inch’ allah) en juin avec des nains de 7-8 ans. Donc deux nuits dans des chambres de 4 à 6 attachiants. Et mate ce que j’ai eu dans la boiboite :

love school

Je pense ne pas fermer l’oeil de la nuit, maintenant. Je veux dire, en plus de revoir l’utilisation du « on » et « ont ».

Si tu es sage, que tu ne manges toujours pas tes crottes de nez, et que j’en ai d’autres, je te mettrai des perles de petits mots on the blog (je suis la générosité).

A bientôt, mes marmottes dorées !

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9 thoughts on “Love school

  1. Ho ma pauvre, je crois qu’il faut que tu travailles aussi les types de phrases… Est ce une question ou une affirmation, j’ai peur pour toi mais je me marre!

  2. Terriiiible!!
    Faut que tu pense (ou avec un « s » à la fin tu choisis ce qui te vas le mieux) à tout garder et à en faire un bouquin!!

  3. Fo7, je crois que j’ai trop mal à mon Bled pour voir tout ce qui foire. Et c’est pas faute d’y mettre du coeur.

    Spoony : un livre de perles d’élèves, ça existe déjà ! Et puis j’ai pas assez d’ancienneté pour faire fortune.

  4. « faites l’amour pas la guerre »! c’est valable aussi pour les mioches! Ne dit-on pas que les enfants reproduisent ce qu’ils entendent ou voient à la maison?…. hahahahaha

  5. Honte à toi pour ces ont ou on tatonnant! En charentais / Québequois ça marche : Ont tu ti le temps d’apprendre. Sérieux bravo les maîtresses pour la motivation dans des projets pareils. J’imagine la facilité à essayer de faire sortir l’éducation nationale des sentiers battus.

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