Les mères du portail de l’école

maikressetrousse

Mes papillons de lumière,

Comme tu le sais, dans la vraie vie, celle où je ne paupiette pas, je suis maîtresse. Quand je squatte le portail d’une école, c’est pour rendre mes petits lutins à leurs parents : je suis donc du côté face, le côté obscur de l’éducation.

Mais depuis mon congé maternité, je redécouvre un tout nouveau monde merveilleux et pailleté : le côté pile du portail, celui des mères de famille.

Nous, les instit’, on ne se fait pas trop d’illusion sur ce qu’il se passe sur ce trottoir sacré. Généralement, on sait qu’on est habillés pour l’hiver, si jamais on a eu d’audace de punir le petit Kevin-Belzebuth, fils de LA mère chianlie de l’école (sache-le, collègue, on ne punit pas un enfant qui tape une maîtresse : il se DEFEND, c’est tout). Depuis quelques mois, donc, telle une ethnologue des temps modernes, je suis en pleine immersion chez cette peuplade rare et comique qu’est la mère de famille. Je me sens un peu comme la belle-sœur d’Antoine de Maximy, sauf que moi je préfèrerais manger un œil de boeuf cru que d’aller dormir chez elles.

Faut dire aussi, l’école de Coin-coin (et anciennement de Bulle) c’est pas vraiment une école d’aristocrates. La plupart des mères d’élèves sont assez particulières. Disons que j’ai l’impression de récupérer mon grelot au milieu d’une meute de sosies d’Amy Winehouse, mais avant sa cure ratée.

Les conversations portant sur leurs enfants sont sublimes. D’ailleurs, leurs enfants eux-mêmes sont sublimes. Pour les reconnaître, c’est facile : quand ils ne sont pas intégralement sponsorisés par Disney, les garçons sont sapés en gros durs, et les filles en grosses putes poufs. Leurs prénoms sont américains, inventés, ou font trente-sept points au Scrabble. Parfois tout ça à la fois (winner inside). Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils possèdent tous au-moins un K ou un Y. (ndlr : dans ma classe, j’ai résolu le problème de la cour de récréation : je crie « Ma-théo-this ! », ce qui a pour effet d’appeler la quasi totalité des garçons). Ces enfants merveilleux (futurs adultes de demain, dois-je te le préciser) sont donc tout aussi vulgaires que leurs propres génitrices.

Sache-le, les mères de famille font le trottoir quatre fois par jour.

Ces pauvres filles, qui causent aussi fort que des poissonnières sans sonotone, ont une vie sociale des plus trépidantes, dont le clou se situe en fin d’après-midi. L’école se terminant à 17h, elles arrivent dès 16h40 devant le portail, pour y retrouver les pine-co (qu’elles n’ont pas vues depuis 14h), et restent plantées là bien après 17h, leurs mômes boulottant leurs chips du goûter en envoyant des coups de pied dans les voitures garées à côté (ils s’EXPRIMENT, c’est tout).
C’est qu’il s’en est passé, des choses, depuis 14h. Il y a tout le compte rendu des Feux de l’Amour à partager, mais aussi les rediff de Tellement Vrai et des Anges de la Téléréalité (cf. les prénoms de leurs enfants) (dans trois ans, les classes de petite section seront peuplées de Nabilla) (là, je démissionnerai).

Les mères du portail, je ne comprends pas très bien quand elles discutent. J’ai l’impression qu’elles causent en sms : « Gé di a Kevyna kel croive pa ce ki di Kyllian, kel doive le tapé si il la touch ! ». Elles parlent avec des fautes d’orthographe.

Ce qui est curieux, aussi, c’est que, un peu comme des mouches au dessus d’une bouse, elles se mettent en clans. Il y en a plusieurs, selon les bâtiments d’origine. Le gang du bâtiment C, ce sont les mères de famille assistantes maternelles. Tu pourrais te dire que c’est mignon, qu’elles aiment les gosses et tout. Padutou. Elles ont trouvé un moyen rentable de regarder tranquille le Replay de l’Amour est dans le pré, en jogging et sous leur plaid, à 11h du matin. Je crois que les parents qui leur laissent leur enfant à garder n’ont jamais fait le trottoir avec elles. Car lorsque l’enfant à garder est un bébé, au mieux il a quelques gouzi-gouzi, au pire il est complètement ignoré. En revanche, lorsqu’il commence à marcher, c’est-à-dire à potentiellement faire des conneries, alors il pose problème. Parfois, je préfèrerais me crever les tympans au pic à glace plutôt que d’entendre les horreurs qu’elles balancent sur ces pauvres mômes. Imagine, l’autre jour, y’en a un qui a osé se réveiller de sa sieste pendant l’émission fétiche de sa nounou (sûrement un débat politique sur l’avenir économique de l’Europe). Elle a donc fermé les portes et laissé pleurer jusqu’à la fin. « C’est fou quand même, le gosse, même au bout de trois quarts d’heure, il chialait encore, putain ! ».

Amour, joie, paillettes et mimosa.

J’assiste également au débinage en règle des instit’ de l’école. Tout y passe.
Evidemment, leur enfant est surdoué, c’est toujours la maîtresse, cette conne, qui ne le comprend pas. D’ailleurs, ces instits, toujours en vacances. Et quand nous, on veut partir à Disney(land) pendant l’école, on a droit a des remarques ! Attends, c’est vachement moins cher que pendant les vacances !
Le mieux, ce sont les rumeurs sur les relations entre les enseignants : « Attends, l’autre jour, quand j’espionnais Kassandra pendant la récré, j’ai vu le maître des moyens parler d’un peu trop près à la maîtresse des petits ! Ma main à couper qu’il se passe des choses entre eux. » Ou encore les rumeurs sur les éventuelles grossesses : « Putaiiiiiin, tu vas pas me croiver : je crois que la maîtresse de Bryan est en cloque, la connasse ! On va se payer une remplaçante, je le vois trop venir ! Ou alors, elle a juste pris du bide. Ouais, peut-être c’est ça, elle grossit facilement je trouve ».
J’adore ces remarques sympatoches sur le physique : « Hey Cindy, t’as vu la touche de la directrice ? Han non mais sérieux, quoi. De toute façon, vu comme elle est grosse, rien ne peut lui aller. Moi, à sa place, je resterai enfermée chez moi ! » Et la copine, à côté d’elle, cent quarante kilos à son actif, qui lui répond : « C’est trop clair ! », en mâchant son chewing-gum.
Et tout ce petit monde qui ricane.

Prépare-toi, lecteur adoré, car un jour, ces mères de famille domineront le monde.

Mais pas demain.
Demain, y’a Secret Story.

cordiablement

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Edit : Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, j’ai créé un compte Instagram pour le blog. J’ai mis, dans la barre latérale de droite, un aperçu des photos d’art contemporain (de la bouffe à 70%). Si tu aimes la photo qui ramène à une introspective psychologiquement déstabilisante pour son moi intérieur (de la bouffe, donc), tu peux viendre me suivre.

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72 thoughts on “Les mères du portail de l’école

  1. Environs de Bordeaux, environs de Nimes = même combat ! Ah et je crois qu’on a les mêmes questionnement introspectifs contempouriens ! biz à la poupiette !

    1. J’ai oublié de dire qu’il y avait aussi quelques gens normaux dans cette école (je n’ai pas la prétention d’en faire partie, hein).

  2. et dire que lorsque j’ai le malheur de commencer à parler comme toi je me fais traiter d' »élitiste »…bref! (je me marre!)

    1. T’inquiète, moi aussi. Mais je m’en cogne. Je n’ai rien contre ces gens. Ils ne sont ni mieux ni moins bien que moi. Par contre, ils sont vachement plus drôles !

  3. Mais c’est trop ça, en fait toutes les écoles sont pareilles ;). La seule différence c’est que dans les petites communes les mères vont se plaindre directement au Maire (avec une légère déformation/amplification des faits).

    1. Oh dans les grandes aussi. Les gens ne savent pas que le maire n’est PAS le supérieur hiérarchique des instit’ !

  4. Je suis presque sûre que des extraits de leurs murs facebook sont sur le site zéros-sociaux.fr…
    attention si tu décides d’aller y faire un tour, moi mes yeux ont saigné !!

  5. Nous à l’école y avait plusieurs troupes, les jumelles de tiennes, puis des groupes ethniques (vu qu’on avait 30 nationalités présentes imagine le bazar, mais ils se regroupaient par communauté linguistique) et des gens à peu près normaux.
    J’ai très vite craqué et me suis retrouvée mise au banc de tous les groupes quand j’ai ouvert ma mini bouche pour défendre le boulot des instits notamment, mais ouf parmi les différents groupes il y avait une ou deux mamans qui pensait pareil mais n’osait le dire, je l’apprenais quand je les croisaient à Simply loin de leurs copines 😀 et les qq investies dans le projet de l’école, aka conseil d’école and co. Bref quand j’arrivais je jetais un coup d’œil rapide pour voir si y avait une des rares copines présente et je m’installais un peu derrière tout le monde en attendant que le gros de la troupe ai récupéré son gnome, je m’approchais en fin de distribution 😉 A force les instits étaient rodés et lâchaient la puce dés qu’ils me voyaient dans ma planque 😉

    Pour les nounous quand j’en cherchais une j’étais allée faire une visite chez une des deux seules du coin qui avait de la place, pendant tout le temps la télé marchait, « les feux de l’amour », une gosse de 2 ans sur le canapé devant la téloche et la nana qui n’était pas très attentive aux questions… Lors de la visite des lieux la chambre était loin du salon pour pas qu’ils entendent le bruit pendant la sieste (ou par pas qu’elle l’entende pendant son émission de télé ?) Bref je l’ai refusée, la seconde avait un énorme chien pas trop sympa mais je trouvais ça « moins pire » parce que tout était prévu pour qu’il soit séparé, et finalement ouf j’ai eu une place en crèche une semaine avant de signer le contrat avec une nounou…

    Maintenant j’ai plus le droit à l’heure des mamans, ça serai trop la honte devant le collège !

    1. ah alors mes trois sont allés ou iront chez des nounous : trois perles (Nanny, si tu me lis…)
      Après, pour l’article, je n’ai sélectionné que des traits drôles. Mais dieu merci, il y a aussi des mamans très sympas ! Et ici, certaines participent à la vie de l’école, et ça, c’est top.

      1. Ah mais oui y a des nounous très bien, là quand j’en avais besoin les seules disponibles dans les parages étaient gratinées, donc ouf pour la crèche toute neuve, on était l’équipe d’ouverture avec des gens très chouettes, mais sinon j’en avais vu deux très sympas mais pas de place avant que la miss ait eu ses 12 mois, je pouvais pas attendre.

        Sinon avant qu’elle ne rentre seule à la maison en CM1 (on habite à 300 m) je me suis pris quelques crises de rire aussi, en fait mes potes étaient surtout les mamans africaines 😉

  6. Maintenant qu on a déménagé à la campagne… Mes enfants prennent le bus !
    Huhuuuuu plus besoin de vivre tout ça !

  7. je suis enseignante aussi et je côtoie aussi les 2 côtés pour cause de mi-temps
    et on rigole des 2 côtés
    car les mères de famille qui arrivent furieuses et veulent se taper devant les élèves…. du bonheur non!!!!

    1. Oh la ! Je suis la spécialiste pour deux choses à l’école :
      – soigner quand ça saigne beaucoup
      – séparer les parents qui se tabassent à la sortie des classes

  8. Ah bah on a les mêmes ici ! Remarque je suis dans les environs de Bordeaux aussi…;)
    Du coup je sympathise pas, je file ^^

    1. C’est partout pareil ! Ceci dit, je préfère le gang du bâtiment C, qui malgré tout, me fait bien rire, aux mères au foyer d’une école de gens chics où je bossais l’an dernier ! Mais que ces nanas étaient connes…

      1. Oui à choisir c’est sûr parce que les Bordelaises prout prout non merci !
        Par contre ce qui m’embêtent plus c’est qu’elles te font sentir que l’école est à elles… M’enfin tant pis c’est pas là bas que je me ferais des copines 😉 C’est pas la fin du monde !

  9. Chez moi c’est très mélangé:
    -des mères du gang du bâtiment C
    -des gendarmes, beaucou (école à côté d’une gendarmerie)
    -des cathos intégristes
    -des bourges prout prout, parfois les mêmes que juste au-dessus
    -des middle-class
    etc… Du coup j’aime bien cette école, c’est un vrai panorama sur la société!

  10. Mince ma fille a un Y à son prénom. Promis c’est pas Nabilla ! Je me rappelle petite de ces grognasses à la sortie de l’école avec leur poussettes. On pouvait même pas passer ! Des fois qu’elle puissent pas se raconter les feux de l’amour (à l’époque y’avait pas les anges gnagna).
    Bref, quand ma fille ira à l’école, je ferai fisa ! (devrais-je dire « je fera » pour commencer à m’habituer ?)

  11. ma fille aussi à un Y…Mince…elle est en pleine perdition tu crois?
    Merci pour ce post qui m’a fait fait bcp rire et dans lequel j’ai retrouvé des personnages universels….

  12. Merci pour ce moment de franche rigolade.

    Et ça, c’est juste trop bon >>>> Gé di a Kevyna kel croive pa ce ki di Kyllian, kel doive le tapé si il la touch ! » Elles parlent avec des fautes d’orthographe.

  13. Ha ha ha! Merci!
    Pendant mon congé aussi j’ai baigné parmi les « mamans parking » (c’est comme ça qu’on les appelle chez nous!!!). Elles ne sont pas aussi taches que celles décrites dans ton article mais bien plus dangereuses! J’ai eu droit à la présidente de l’asso de parents d’élèves qui trop heureuse de pouvoir cuisiner de la maîtresse était à l’apogée de son art, celui de critiquer l’enseignante de son fils (petit con arrogant et assisté qui lui chiera bientôt dans les bottes!) et par la même occasion du mien. Les débats ont pris fin lorsque ma pote infirmière lui a lâché que personne ne venait lui apprendre à faire des piqûres et que si elle n’était pas satisfaite elle n’avait qu’à lui faire l’école à la maison sauf que pour ça il lui faudrait passer une licence… Après ça elle s’est faite plus discrète… avec nous… et progressivement a rallié d’autres mamans parking à sa cause, celle de casser de l’enseignants de primaire (je précise que son mari, Mr mou du g’nou, est prof de collège! alors du coup c’est un peu comme si elle même l’était). Bref, mon enfer a pris fin quand j’ai retrouvé ma classe, bébé en crèche, mais heureusement je vois souvent mon infirmière de copine sans détours qui me donne des nouvelles du front… histoire de se marrer!

    1. Ah oui alors ça, c’est un autre problème, les parents qui veulent casser de l’instit’. J’ai voulu en parler plusieurs fois, mais le sujet fait trop polémique. Ici, c’est juste un blog, pas un journal, alors bon, j’ai abandonné l’idée de laisser mon avis sur le sujet, qui n’est pas si tranché que ça.

  14. J’ai la chance de vivre dans un coin plutôt bourgeois donc ma fille va à l’école avec Olympe, Valentin et Clément. C’est plutôt cordial à la sortie de l’école. :)

    1. Mygod, je suis sûre que ce sont ceux-là les plus casse-burnes !
      (Olympe était dans mon top 10 pour Paupiette ! Malgré le Y ^^)

  15. J’ai hésité à laisser un commentaire, mais ça me travaille depuis que j’ai lu ce post, fort bien écrit par ailleurs, mais qui me laisse un goût amer, au mieux pour son humour cruel, au pire pour son racisme social. Hors, pour vous lire avec délectation depuis plusieurs mois, je sais aussi que vous aimez votre métier, et que donc, vous aimez tenter de transmettre de belles choses à ces petits « Ma-Théo-Thys » ou à ces petites Shirley-Cindy… Ces enfants qui n’ont rien demandé, mais qui un jour peut-être, malgré les efforts de leurs institutrices, seront malgré tout devant la porte de l’ecole, parce que la vie est ainsi faite, et que la reproduction sociale, et que la domination sociale ne sont pas que des concepts !! Pour tout dire, ça me met en colére que l’on stigmatise des comportements individuels, alors que ces comportements là sont aussi notre échec collectif. J’espere que ce commentaire sera compris… merci en tous cas pour ce blog plein de vie, d’humour et de tendresse ( enfin presque;-) )

    1. J’ai répondu à un commentaire similaire sur la page Facebook. Je savais que cet article ferait un peu polémique, je suis étonnée qu’il ait fallu attendre 23h !
      Finalement, et si je comprends bien, au final, nous sommes d’accord toutes les deux sur le fond, mais pas sur la forme. Les traits ont ici évidemment été exagérés pour les besoins de la narration, il n’empêche que c’est une réalité, ces gens nourris à TF1. Je ne vaux ni plus ni moins qu’eux, ce texte n’est absolument pas un jugement de valeur, même s’il y ressemble. Mes parents sont ouvriers, l’Homme est smicard, je suis la première de ma famille à avoir eu un bac… On vient de ces familles-là, celles des mères du trottoir qui regardent la télé. Leurs gosses, c’étaient nous.
      Effectivement, j’ai choisi de travailler avec ces Shirley, Kevin et Mohamed. J’aurais pu aller ailleurs, mais c’est ici que je me sens bien, que je me sens utile. Oh bien sûr, je ne me leurre pas sur l’impact que j’ai ou aurai sur ces enfants (la cape rouge et les collants bleus me vont mal). La réussite de tous, c’est le leitmotiv de l’éducation nationale parce qu’en effet, il y a eu, il y a et il y aura des loupés. Ces gens sont-ils malheureux ? Je ne crois pas. Rendent-ils d’autres malheureux ? Je ne crois pas non plus.
      Mais je fais partie de celles qui pensent qu’on peut effectivement rire de tout. Aujourd’hui, j’ai ri de ces gens-là, de la même manière que sur d’autres articles, j’ai ri de mes collègues. Le politiquement correct ne fait pas ici partie de la donne. Ceci dit, je comprends que vous ayez pu être gênée de cet article. J’ai hésité à le publier, justement parce que je me suis dit qu’il allait froisser certaines personnes, sûrement à juste titre. Et puis j’ai publié, parce qu’après tout, cet article, c’est moi, aussi.

  16. Tu me croive si je te dis que j’ai vachement ri toute seule devant mon écran en te lisant?!!

    Les groupes de nounous dont tu parles, il y en a des brochettes entières dans les parcs parisiens.
    Les enfants font leur vie, et les nounous papotent entre elles…rien à foutre des enfants.
    Ce qui m’étonne le plus dans ce système, ce ne sont pas les nounous , mais ces parents qui partent tranquillement bosser le matin en leur laissant leurs enfants.
    Mais il n’y en a pas un pour se rendre compte que ces groupes de nounous sont des dangers pour les enfants??!!!
    Il y a quelque chose qui m’échappe…
    Bref, tu as raison, les Bryan et nabilla sont les futurs présidents…ça craint!

    1. Le problème c’est que je pense que la majorité des parents n’imaginent pas une seconde que leur nounou est de ce genre là! Quand les parents sont là (pendant l’entretien et ensuite pour déposer/récupérer l’enfant) elles sont « au top »! :/
      Et vu que souvent ça se passe comme ça avec des enfants qui ne sont pas en age de parler, c’est la fête pour elles!

    2. Ah les nounous c’est aussi un autre débat. Encore une fois, moi je suis hyper bien tombée. Et puis la mère de l’Homme est nounou aussi. Je suis plutôt entourée de chouettes nounous !

  17. Je suis passée de Montpellier (où mes enfants étaient surement dans la même école que le tien…) à la Manche et là, j’ai changé de monde! La grosse différence pour moi, c’est qu’ici, je suis passée de l’autre côté du portail! (atsem/surveillante cantine etc..) Je ne me mêle toujours pas aux « bandes » (ici aussi elles fonctionnent comme ça!) mais c’est plus compliqué d’écouter leurs conneries quand elles savent qu’on est « de l’intérieur »! Mais, mon dieu quel calvaire quand même! Ici on est plutôt : d’un côté les jupes longues/serres-têtes/enfants qui s’appellent Clarence et qui vont à la messe le dimanche et de l’autre : les fermiers pur jus, capables de dire à l’instit : »moi si i’me fait chier avec ses d’voirs qui veut pas faire, i s’en prend une bonne.. j’vais pas me laisser emmerder!
    au secours!

  18. J’en croive pas mes yeux ! Amy Winehouse est donc encore vivente… Et y en a même plusieurs exemplères. C’est comme pour Claude Francois, on nous a donc manty. Je parie que Paupiette s’appelle Cyndibilla !
    (c’est malin en tout cas, mon texte est tout souligné par le correcteur orthographique)

  19. Ben moi je les connais pas trop ces mères-là.
    Pour la simple et bonne raison que travaillant à temps plein, je n’ai JAMAIS été cherché mon fils à la porte de l’école (sauf peut-être une fois où j’avais une angine) (du coup, je suis à peine sortie de la voiture).

    Je ne sais pas ce qu’est « l’heure des mamans », mon gosse non plus ne l’a jamais su. Il s’est cogné la garderie matin ET soir depuis la première section de maternelle…. Et à la Directrice qui m’avait gentiment dit « mais Madame, vous vous rendez compte que votre enfant est en collectivité 10 heures par jour !! », j’avais répondu « Excusez-moi d’avoir un boulot ».
    Je digresse.
    J’aurais bien aimé, parfois, pouvoir contempler les mamans des Kimberley-Chantal et des Timéo-Tom (ça marche aussi)…

    Et pour finir ce trop long commentaire nombriliste, je confirme qu’on se paye une barre de rire à chaque fois qu’on va faire un stage de batucada dans l’école maternelle qu’on nous prête pour l’occasion. La dernière en date : « Plume », une jolie petite blondinette qui louche un p’tit peu.

    Imagine si à l’adolescence elle fait mon gabarit…

    (han, on n’avait dit « pas les prénoms », c’est interdit de bloguer sur les prénoms, bien plus à potentiel polémique que l’invasion de la Crimée par Vlad-le-cruel)

    (ayé, j’me casse)

    1. han moi j’aime bien Plume ! J’en connais presque une, d’ailleurs.
      Je te rassure : les miens aussi ont fait garderie matin ET soir depuis la petite section.

    2. La Blonde, le mien est pareil: il fait garderie 1ère langue,étude 2eme langue et centre aéré les mercredis et toutes les vacances…et bien, quand je me fais C….à poser une RTT pour qu’il ne mange pas à la cantine,il me dit qu’il s’ennuie sans ses copains et il me fait la tête si j’arrive trop tôt à l’étude parce qu »il a a pas eu le temps de jouer avec ses copains » alors j’ai arrêté de culpabiliser et je prends une RTT pour m’occuper de MOI et je le récupère à 18h45 avant que l’école ne ferme;il est ravi et moi aussi!
      Sinon, concernant la « maman de compét »,j’en ai une qui est aussi ma voisine du dessus; elle parlait en anglais à son fils à 18 mois et il a commencé le baby sport à 2 ans.
      Aujourd’hui,à 7 ans,il fait du judo,du foot,du solfège,du poney et que sais-je encore!…mais il n’a pas le droit de jouer en bas de l’immeuble avec mon fils (qui ne s’appelle ni Kevin ni Johnny) car c’est « dangereux » de jouer devant la fenêtre de ma cuisine!

  20. Lectrice de l’ombre qui ne commente pas d’habitude (c’est mal, pardon) je sors de mon trou au fin fond de la Bretagne pour saluer ton courage de ne pas rester dans le politiquement correct.
    Chez moi, c’est folklo la sortie des classes, on est chez les « consanguins » du centre-bretagne : les parents sont tous cousins/cousines/oncles/tantes/beaux-frères … bref, en gros, si tu es né à plus de 5 km de leur ferme, tu es un étranger. Mais faut pas croire que leurs liens de sang les rendent unis et soudés … il y a des clans, des rancœurs tenaces, c’est mieux que Dallas et toutes les sagas de l’été de TF1 réunies !

  21. Si juste !!
    C’est de la BD ,les scènes au portail sous ta plume 😉
    Je pouffe et repouffe!

    Vive la téléréalité ,attention c’est contagieux,insidieux… Jamais glissé un oeil +ou-une fois ? C’est le dosage qui fait la différence,100% sous influence,ou pas .

    Du canapé Tvreality au siège du pouvoir, pas impossible!…

    La lourde tâche de l’école c’est bien de préserver la diversité des connaissances,développer l’ouverture d’esprit,la vie collective en bonne intelligence et permettre de penser par soi-même(hum?),en résumé…
    Lire-écrire j’oubliais

    Le résultat est aléatoire:
    Regardes les joutes ces derniers temps de nos gouvernants-zé-candidats superdiplômés,BD mâtinée de TVreality,non?

    Sincèrement, normal,c’est où?
    Chui perdue! ØUŸŸ!
    ^^

    1. J’avoue tout : je ne regarde AUCUNE émission de télé réalité. Je suis donc complètement out de certaines conversations.

      1. Moi je n’ai plus la télé depuis…le paléolithique
        Et ça me gêne de capter si peu de la ‘culture médiadominante’;

        Quand la moindre anecdote ,blagounette survenue dans une de ces émissions est relayée ,ressassée mille fois par la presse et la radio,parfois des plus distinguées,sous couvert du 6è degré,c’est donc qu’ils regardent!

        Alors je cherche des extraits en ligne pour savoir quoiqu’est-ce et je comprends enfin des comportements,des tics,des rires entendus et des phrases cryptées…qui atteignent tout le monde ,quelques soient les codes de classes, jusqu’aux politiques ! ….
        Avec les feuilletons à la sauce Américaine , c’est le pompon , Panurgien!

        Voilà je m’instruis, j’en ris ou j’en pleure ,mais au moins je ne reprends pas ma navette spatiale !

  22. J’ai été la petite à garder de l’une de ses Nourrisses. Et je peux le dire, tous ce que tu dis est vraiment, de vrais petites mémères à ragots. J’avais entre 3 et 5 ans mais je m’en souviens.

  23. Ah je m’insurge juste sur une chose: on ne tape pas sur la mémoire d’Amy Whinehouse! Derrière le cliché qu’on en a fait, il y avait une fille exceptionnelle, et une chanteuse incroyable! Mais surtout, vraiment, une super petite nana!

  24. A défaut de la fille à Y, j’ai dans mes 3 le garçon à K (avec un O en plus!!!)..
    Et je fais le trottoir 4 fois par jour.
    Et j’observe les clans se faire et se défaire..
    Et je souris à tout ce petit monde..
    Je dois passer pour la beubeu de service…et j’aime ça!
    Surtout ne pas me demander de taper sur quiconque..
    Et l’instit me repère de très loin, je patiente rarement pour récupérer mes enfants..
    Yeahhh, vite arrivée vite partie!
    Le must étant aussi la lutte acharnée pour être celle (ou celui!!) qui arrivera à tenir la jambe de l’instit (et faire bouchon pour tous les autres…)pour lui raconter…les dernières mesures pour les intermittents/ le statut quo en Syrie/ l’hypocrisie de Poutine/ Fukushima ah oui, tiens Fukushima..? (au choix….)
    Presque j’en ferai l’école à la maison, tiens..
    Mais bon, du coup, quand est ce que je glande (et bouffe) devant une série (en vo, faut pas pousser quand même 😉 ) dans le canap’???
    Merci pour tout ces posts sur fond de liberty…je m’en vais presque aimer le rose, tiens!

    1. Les parents ne parlent pas de Syrie. Ils veulent obtenir de l’instit un mot gentil sur leur gamin ! Parfois, c’est juste pour faire passer une info (bonjour les cahiers de correspondance !) mais ça prend des plombes parce que ça se finit invariablement par : « Et sinon, Benjamin, ça va, en ce moment ? ».

  25. Je vis un peu la même expérience… Chez nous pas de « wesh wesh », que des gens plus ou moins prout prout. J’hallucine sévèrement sur le nombre de personnes, car il y a presque autant de papas que de mamans, qui peuvent être au portail à 16h30 ET se payer une maison dans le coin. C’est un autre débat c’est vrai. En attendant les mamans du matin, bizarrement le matin y’a pas tellement de papas, se donnent rdv pour boire le café et/ou organiser les festivités à la chapelle ou des défilés déguisés pour les gamins. Je me demande comment elles font pour se parler, à la base. Je ne sais pas faire ça, moi, sociabiliser avec de parfaites inconnues sous prétexte que nos gamins partagent les mêmes toilettes scolaires… C’est déjà compliqué quand les parents squattent un peu avant ou après les réceptions d’anniversaire des nains.
    Pour les nounous, ça me ferait mal au cœur de constater le genre de choses dont tu parles, vraiment. De ce point de vue on a eu de la chance nous aussi. Paupiette va aller chez la nounou elle aussi? (Ça fait bizarre d’en parler déjà n’est-ce pas?) 😉

  26. Mais il est vachement bien ce blog! A chaque fois que je le lis, je me marre (ou je pleure un peu aussi), voilà, bravo donc!

  27. La maman du portail que je suis reconnais beaucoup de personnes de « mon » portail, comme quoi ça doit être un peu partout pareil (si j’en juge d’après les commentaires). Et pour les nounous, tout pareil. Et oui il y a des groupes, et des sous groupes dans les groupes aussi.
    Toutefois, même si ce moment de la journée ce n’est pas le pays de Candy tous les jours (et loin de là), j’ai fait de belles rencontres, tissés des liens qui durent, des gens d’un genre différent du mien, d’un niveau social différent aussi, des gens avec lesquels aucun mot n’aurait surement jamais été échangé s’il n’y avait pas eu LE portail 😉

    1. Hé oui, c’est un incontournable, ce fameux portail !
      Moi je ne connais pas grand monde parce qu’en temps normal, les grelots se paient la garderie matin ET soir.
      Après, je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de gens sympas ! J’ai voulu faire le portrait de ces mères, qui sont loin d’être majoritaires mais qui font le plus de bruit !

      1. La garderie matin ET soir, c’est hard, mais quand y’a pas le choix…

        J’avais bien compris le sens de ce billet 😉 , mais je préférais rebondir sur le côté sympa (heureusement qu’il y en a, étant maman au foyer, le portail c’est 4 fois par jour pour moi) plutôt que commenter les Amy qui certes ne sont pas majoritaires en nombre, mais effectivement en décibels !

  28. Merci pour ce fou rire (qui donne aussi envie de pleurer). On se croirait derrière le portail de l’école avec toi… Et pour le Ma-Théo-This, moi je propose le concept « mathéis » à tous les parents qui hésitent…

  29. Pour une fois, chère collègue, je ne souscris pas du tout à ce discours.
    Peut-être parce que j’avais un vrai travail avant d’être enseignante ? Ou alors c’est parce que moi aussi je suis née dans une caisse à savon ?

    En effet, ils ne sont pas tous enfants d’enseignants. En effet, ils n’ont pas tous la même stimulation culturelle. C’est là qu’on mesure à quel point l’école doit donner plus à ceux qui ont moins.
    Ok, c’est de l’humour.
    Je suis donc désolée de n’en retenir que cette sorte de mépris ordinaire et ces jugements insupportables que j’entends sans arrêt en salle des maîtres ou des profs. Au moins une valeur partagée avec le secondaire.
    Je suis persuadée que, les regarder autrement, ça change aussi notre manière d’enseigner…
    L’école a été pour moi un ascenseur social. Je ne suis pas certaine que ce serait encore le cas aujourd’hui…

  30. ah je fais moi aussi partie des mamans « devant le portail » je fais le trottoirs « 4 fois par jour », 3 grelots à mon actif, une école publique et privée (depuis septembre) et c’est le même combat devant le portail, ragots, cassage de sucre sur le dos des enseignants, regroupements selon situation ethnique et sociale. Mais si tu as le malheur d’etre « la nouvelle maman », pas un sourire…. enfin ça ne me dérange pas …..
    j’aime beaucoup ce que tu fais et j’adore ton humour et le politiquement incorrect.

  31. Wahou! Tu résumes tellement bien ce moment-là (connu quand ma grande était en petite section).
    Heureusement depuis que les enfants sont dans une autre école, le niveau intellectuel, culturel, … des parents s’est considérablement élevé. Bien sûr, il reste quelques horripilantes qu’on aimerait claquer tellement leurs réflexions sur les instit’ sont à vomir.
    Quant aux assistantes maternelles, le meilleur mode de sélection en vue d’un recrutement est à mon sens d’aller au square quand elles y sont avec les enfants gardés. Combien de fois je me suis dit, celle-ci jamais je ne lui confierai mon gamin.

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