La rentrée, c’est caca en spray

bagues

Le seul problème de cette rentrée, pour moi, c’était qu’avec le Rôti (ou la Paupiette), je ne pouvais pas me gaver d’Imodium lingual.

Car oui, je fais partie de celles pour qui le moindre stress au boulot colle des diarrhées de gastro de février. Inexorablement, à CHACUNE de mes sept (ou huit) rentrées, je me suis demandée, dans ma voiture, si j’allais arriver à temps à l’école, ou bien si j’allais devoir démouler un feu d’artifesse sur la bande d’arrêt d’urgence. C’est dramatique, ce transit qui s’emballe, alors que je suis apparemment l’anti-thèse de la stressée. Ca fait des années que c’est comme ça. Que ce soit pour le Bac, le permis, les concours, les rendez-vous importants, à chaque fois, je démoule plus vite que Flash Gordon.

Généralement, ça commence la veille. L’air de rien, alors que j’ai encore l’impression que non, bien sûr que non, je ne suis pas du tout stressée, interviennent les premiers glouglous intestinaux.
En l’espace de quelques heures, je passe donc par trois étapes :
– phase 1 : gargouillis de bide et petites crampes abdominales (« Chéri, faut qu’on arrête de manger Mac Do, j’ai le Mac Deluxe capricieux »)
– phase 2 : expulsion difficile du bouchon façon respiration ninja et transpi à grosses gouttes (« Chéri, demain c’est haricots verts, je crois que je suis hy-per constipée, en fait »)
– phase 3 : caca en spray moucheté sur faïence, baisse de tension, petites fourmis devant les yeux et soulagement (« Chéri, je crois que j’ai joui »).

Le problème étant qu’après cette phase 3, j’en déduis qu’il est éventuellement peut-être probable que si, mon truc important du lendemain me turlupine un tantinet.

Mais trois fois rien.

Ce n’est qu’après trois heures, sept kilos de moins et la lunette des toilettes gravées dans ma cellulite rougeoyante que je réalise à quel point j’arrive à m’auto-leurrer assez facilement.

Ma copine Britney (celle qui est conconne et qui fait du nail art), elle, elle vomit.  C’est plus pratique, je trouve. Au moins, elle maigrit et elle a l’air fashion (la boulimie, c’est toujours swag). Moi, j’ai surtout l’air con. En plus d’avoir une veste qui finit par humer des fragrances de Wizard senteur marine.

Donc, je cague mou. Longtemps. Généralement, ça dure toute la nuit. Tellement qu’il y a toujours ce moment où tu fais des comparaisons de physique quantique. Du genre : quand tu as vomi tout ce que tu as dans l’estomac, tu gerbes de la bile. Mais quand tu as bousé l’équivalent d’une semaine d’orgie californienne et que ça continue encore, tu te demandes s’il est possible que tes intestins soient nettement plus longs que la moyenne. Auquel cas, tu es rassurée : tu viens ENFIN trouver la cause de ton surpoids (qui intervient à égalité avec l’éventualité d’un problème HORMONAL).

Mais tant que je suis chez moi, tout va bien. C’est quand l’heure tourne et que je dois partir que tout se corse.

Evidemment, je pars avec dix minutes de retard, et j’ai pas fait deux kilomètres que je me mets à inspirer et expirer façon petit chien. Un savant calcul se met en place. Soit je fais demi-tour, avec la certitude que je ferai ma rentrée à la bourre (« Bonjour, les enfants. Maîtresse est en retard, elle avait une chiasse du tonnerre, ce matin »), soit je continue, en me disant que si je réussis à arriver la culotte indemne à l’école, il m’arrivera forcément un truc génial dans les jours à venir (c’est comme quand on était petits et qu’il ne fallait marcher que sur les carreaux rouges) (je le fais encore). Ma conscience professionnelle surpassant toujours la force de mon sphincter, je décide systématiquement de me la jouer Wonderwoman du périnée arrière. A ce stade, je serai généralement prête à boire du sang de vierge si on me jurait que j’arriverai sans trace de freinage au fond du slip. Je cherche donc des astuces pour faire passer le temps plus vite. Genre chanter. J’ai remarqué que si je chantais en voiture, ça calmait un peu mes maux de ventre (les voies du transit sont impénétrables). Ce qui donne à peu près ceci :

« Dieu m’a donnée la foiiiiiiiiiiii (je vais me chier dessus), qui brûle au fond de moiiiiiiii (est-ce un pet ou bien ?), j’ai dans le coeur cette force qui guide mes pas-aaah (si je proutes, je largue tout). Dieu-euh, est là-ah (putain qu’elle est loin cette putain d’école de mes deux !) en moiiiii (j’ai pas de culotte de rechange) pour toiiiiiii (et si ça COULE ?)………… »

Etc.

Parfois, ça passe. Parfois, moins.

Pour mes écoles très loin, parfois, il a fallu que je dégaine en chemin. Je priai donc pendant des kilomètres entiers pour trouver un endroit qui me permettrait de démouler sans offrir la vue de ma lune de septembre à tous ceux qui passaient par là (j’ai la rondelle timide). Ceux et celles qui auront été dans ce cas sauront que, même à la campagne, il n’est pas facile de trouver un bosquet faisant office de gogue.

Bien évidemment, l’effet de l’Imodium lingual, pris légalement un quart d’heure avant le départ, ne se fait toujours sentir qu’une fois arrivée à destination.

Mais pour cette rentrée, ça a été différent. Cette rentrée, elle ne se fait pas dans une énième nouvelle école. Elle se faisait chez moi. J’étais amoureuse de mes petits CP avant même de les avoir rencontrés. Je ne sais pas si ça a été prémonitoire ou pas, mais il se trouve qu’effectivement, j’ai la classe la plus chouette du monde. Pour de vrai.

Toujours est-il que cette rentrée n’aura pas été synonyme de caca en spray. Cette année, je suis restée girly jusqu’au bout de l’oignon. Et ça, c’est la méga classe.

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19 thoughts on “La rentrée, c’est caca en spray

  1. Moi, c’était pareil quand j’étais obligée de m’entraîner à courir (non, ce n’est pas naturel pour moi…) pour passer ce fichu concours d’instit! j’aime pas le sport, c’est caca!
    Un quart d’heure avant chacun de mes joggings dominicaux au parc bordelais, je me vidais littéralement. Ha oui, je courais plus légère c’est sûre! Au final, j’ai dû perdre un kilo à chaque fois, repris le lendemain évidemment.
    Mais j’ai eu 19 à mon épreuve (je crâne là),, on aurait dit Marie-jo Perec en 92! Peut être qu’elle aussi elle avait la chiasse avant les mondiaux…

  2. Ah mais j’ai tellement ri! merci : ) je ne connais pas ça, moi le stress me fait plutôt penser que je fais un infarctus ou un avc (parfois les deux) et me fait parfois faire un tour aux urgences tellement j’y crois… quoi que ça fait longtemps, c’est vrai que tout s’améliore avec l’âge et la sagesse!

  3. Moi c’est le rayon frais du supermarché qui me déclenche la courante. Va comprendre… J’hésite entre un Maroilles IGP et un Roquefort au lait cru et me voilà en train de serrer tellement les fesses, raide comme un piquet, les jambes croisées, que si je les décroise, c’est sûr, je chie dans ma culotte.

    Du coup, je n’achète plus que des yaourts au rayon lessive.

    1. @ Blonde paresseuse : han oui mais alord moi j’ai TOUJOURS envie de caguer quand je vais faire mes courses !!! Mais pas le spray, hein, le Carl Lewis. Moi je prends mes yaourts au rayon papier cul.

      @ Damien : super com, merci ! Un garçon, en plus. Reste ici, même quand on causera retour de couche et saucisson de placenta.

  4. J’ai bien failli me chier dessus tellement je me suis marré, surtout pendant la chanson!
    J’ai le même problème, j’ai beau avoir l’air d’être un mec super zen, en fait toute la pression se concentre dans mon ventre, les glouglous annoncent le point de non-retour, et c’est parti pour chier en spray! Comment as tu réussi à faire ça dans les bois sans t’en foutre partout O_o’? Et vas-y que ça se déclenche toujours loin de tes chiottes : à l’école, au taf, dans le train ou pire sur scène devant un public, il n’y a rien de plus salissant pour un slip… est-ce que les artistes pros ont ce genre de problème?! En vieillissant ça s’est un peu calmé, ou alors j’ai appris à mieux le gérer (attention à ce que tu manges, parfois ça n’aide pas du tout non plus)
    Mon pire souvenir c’est quand même la semaine du bac, en fait j’ai bien passé la semaine au-dessus d’un bac.
    Bref, je compatis, et je suis bien content de ne plus faire de rentrée scolaire.
    J’adore tes posts, bisous

  5. Je dois avouer que j’ai vite été conquise par ce post, déjà tu y évoques l’idée de chier en spray ( et va savoir pourquoi ce concept me fait autant marrer) et puis surtout tu y parles de  » feu d’artifesses », que je croyais être utilisé uniquement par mon père! En relisant ton article et mon com’ je me dis que je suis conquise par des trucs chelous et que, definitivement, j’ai l’humour frais et subtil moi aussi, printanier on pourrait dire (moins  » colchiques dans les prés » que « col-chie dans les prés » huhu).
    Bon allez la bise et puis au lieu de boire de l’eau de coco, je te conseille l’eau de cuisson du riz (moins prisé par les rédactrices à la fashion week mais bon, il faut ce qu’il faut).

  6. Quelle saine lecture de bon matin!
    J’adore ton blog et encore plus ce post …

    moi qui suis une grand stressée, je partage ce trait (si je puis dire) de caractère avec toi!

  7. Et le glamoureux effet constipant de la grossesse … non ? Moi je suis passée de chieuse en spray à toute heure du jour et de la nuit (aucune corrélation avec le stress, je suis ainsi faite), à pousseuse de bouchon tellement que j’en ai eu des hémorroïdes. Presque la chiasse me manque, retrospectivement.
    Si tu veux je te file mes protège-slip que je collais dans ma culotte au niveau de la raie du cul, c’est tout ce que j’avais trouvé pour pas croire que j’avais à nouveau 3 ans …

  8. Bon ben après tous ces partages de moments de solitude ou la défécation veut être notre amie mais où on tente de l’éloigner comme on peut, moi mon endroit a moi et rien qu’à moi où je commence a entendre des bruits étranges dans mon ventre et en quelques minutes j’ai la sensation d’avoir un alien dans le ventre, c’est… la clim de chez Kiabi Bordeaux Lac! et ceci depuis ma plus tendre (ou pas) enfance…
    L’énigme de la chiasse n’a pas fini de faire parler d’elle!

  9. Amen!
    C’est officiel tu es ma BFF(BestFriendForever)du caca en spray.
    Si j’avais eu ton style et ta prose j’aurais écrit cet article tout pareil. En fait j’ai même cru que c’était de moi qu’il s’agissait (mais je ne suis pas égocentrique, ni egocentrée). La respiration du petit chien, chanter pour détourner l’attention… La même!

    ps : j’ai ri en à pleurer pendant 15min! Merci!

  10. Et puis tout bien réfléchi je vais compléter mon 1er commentaire pour te raconter une anecdote… après tout entre BFF on s’dit tout non?

    J’ai choppé un caca en spray à Westminster Abbaye, devant le tombeau de Elisabeth je sais plus quel numéro… ou peut-etre était-ce sa mère… Je sais plus.
    Je sais pas toi mais quand mes intestins faut défaut, je deviens partiellement amnésique aussi…

    j’ai trouvé un garde qui m’a indiqué des WC dehors… ouais ok un truc en plastique qu’on voit sur les chantiers… et 8 personnes qui attendaient leur tour…

    Autant te dire que j’ai eu le temps de me chanter le top 50 de l’année 95 tellement j’ai attendu… mais mon sphincter, le coup a tenu.

    1. Chère Chez Laet,
      J’aime beaucoup tes coms, je crois que tu me dragues et j’aime ça. On fera l’amour si tu sais faire les chichis fourrés au Nutella. Sans ça, rien ne sera possible entre nous.
      Ps : le Nutella sera du vrai, aucun lien fils unique avec le billet ci-dessus. Merci.

  11. J’ai tellement rit que je me suis fait envoyer chier (l’expression s’impose) par mon mari qui essaye de s’endormir.
    Je crois que je ne regarderai plus jamais de la même façon les gens chanter dans leurs voitures sur la Rocade!

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