La Basque perd la boule

Figure toi qu’en plus d’être dirlo, Mme Xu est basque (loose totale). C’est une vraie. Une qui vient du trou du cul de la montagne. Avec un prénom où un x est collé juste après un t (dinguerie absolue) (non, Bixente Lizarazu n’est pas le seul Basque du monde). Du genre têtue, avec un accent de la mort et une mère qui fait de la confiture de myrtilles pour aller avec le fromage qui schlingue comme il faut. C’est ma référence en moutonnerie, c’est elle que j’appelle en pleine séance de vocabulaire, quand je ne sais plus comment s’appelle la femme et les enfants du bélier, ni quelle est la différence entre un bélier et un mouton (on fait un métier difficile).

Et ben figure toi aussi que j’ai du faire un truc qu’elle n’a pas apprécié. Parce que dans sa sournoiserie basque, au lieu de m’engueuler, elle a préféré la jouer fine (le Basque est fourbe) (en plus de porter des bêrets pour de vrai). Imagine : elle a acheté un jouet à mes grelots. Mais attends, pas n’importe lequel : un Perplexus. Une boule qui renferme un labyrinthe dans lequel il faut faire circuler une bille sans la faire tomber.
Direct, je me suis donc dit deux trucs : d’abord, que les grelots allaient passer leur temps à s’engueuler (voire plus) pour pouvoir y jouer (la notion de « chacun son tour » n’est pas vraiment acquise pour le grelot mâle, à l’avenir prometteur dans la truanderie), et deuxièmement, qu’il allait me tarder qu’ils soient couchés pour pouvoir leur montrer comment on joue à ce truc. Non parce que j’étais juste une reine au Tricky bille. Pour mémoire, si tu es né(e) dans les 80′ :

Pas loupé pour le premier point. Personne ne s’est encore balancé le Perplexus sur le coin du nez, mais je sens que c’est pas loin. Je passe mon temps à faire à tour de rôle procureur et juge d’application des peines (le partage, bordel, le PARTAGE). A côté, le conflit au Mali, c’est du pipi de chat.
Quand on joue à deux, en alternance, y’en a toujours un qui est de mauvaise foi et qui ne reconnaîtra pas que c’est LUI qui a commencé en premier. Ce qui fait que les parties ne s’arrêtent jamais, puisqu’il est donc inconcevable d’arrêter le jeu si un doute subsiste sur le nombre de parties jouées par l’adversaire (« Il en a joué 36 et moi 35 ! »). Au final, quand ça joue, ça gueule, et personne ne veut plus ni se doucher, ni manger (deux choses complètement incongrues, quand on y pense). Lorsqu’il faut finalement aller se coucher, même combat : je finis par arracher en hurlant délicatement l’objet du conflit en disant que puisque c’est ça je vais le redonner à Mme Xu… ou le garder pour moi. Les ennemis finissent donc couchés mais contrariés… mais couchés.

S’en suivent donc de longues minutes. Pendant lesquelles j’ai envie de balancer ce merdier de boule à l’autre bout de la pièce. Non parce que tu peux avoir vécu l’époque dorée du Tricky bille, sache qu’avec le Perplexus, on passe juste du CE1 au niveau bac+9.  Je te l’avoue donc à toi : je suis une grosse merde à ce jeu. Pour te dire, sur 139 niveaux, j’en suis péniblement au 19. Bulle en est au 68 et Coincoin au 17. Je suis donc à peine meilleure qu’un enfant de 4 ans ayant la motricité fine d’un tricératops (je pense consulter pour un éventuel Parkinson). Mais ne leur dis rien. Je leur ai dit que je l’avais fini en une soirée, le bordel. Evidemment, j’ai toujours quelque chose de mieux à faire quand ils me demandent de leur montrer « comment je suis trop trop forte au Perplexus ». Ils seraient déçus, tu comprends (je crois qu’il faut que j’attende encore un peu avant de leur dire que non, quand j’étais petite, je ne rangeais pas toute la maison juste pour faire plaisir à ma mère).

La vérité, c’est que depuis qu’on l’a, pour la première fois depuis longtemps, aucun des deux lardons n’a eu l’idée d’allumer la télé ou sa DS. S’insulter sans gros mots, ça demande une concentration nettement plus intense. Surtout pour le grelot mâle, puisque Bulle a bien compris que pour contrarier son nain de frère, il suffisait qu’elle place le mot « bébé » à l’intérieur d’une phrase faisant mention de sa personne (en même temps, il ne fait toujours pas 12 kg à 4 ans, elle a une excuse)

Je deviens donc trop relou, puisque je les force même à aller aux toilettes quand ils n’en peuvent plus et se tortillent d’envie sur le canapé (encore une hérésie de mère).

Méfiez-vous donc des Basques de votre entourage. Il se pourrait qu’à défaut de vous coller leur poing dans le pif, ils pourrissent vos soirées à distance. Double peine : Mme Xu a encore monté de grade dans la déification accordée par mes grelots.

Fais moi plaisir, pense à moi : ce soir, je vais devoir batailler pour qu’ils se brossent les dents…

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One thought on “La Basque perd la boule

  1. Euh juste une réaction à chaud, tu le gardes sous le coude, tu me connais moi aussi je veux me battre avec tes lardons et dire, c’est mon tour, à moi, toi t’as joué 42 fois et moi juste 41 !
    … réaction à froid, mûrement réfléchie (ou pas) demain (ou après)
    Bises

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