Grippe en mission commando

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Samedi soir, après avoir refait le monde par -5°C dans ma voiture avec ma moitié (celle avec laquelle je ne couche que pour de faux), je suis rentrée me fourrer dans ma couette comme un gros nem (c’est l’année du serpent). Il était 3h, et si on m’avait dit qu’une heure et demi plus tard, je serai réveillée jusqu’au lendemain soir, j’aurais fait un doigt qui n’a d’honneur que le nom.

4h32 : « Mamôn… Je veux un câlinnn… ».

Mi-ouverture d’un oeil. Un nain dans l’entrebaillement de la porte. Fermeture de l’oeil. Réouverture direction le radio-réveil. Bordel, même pas en rêve tu te lèves.

4h33 : « Mamôôôôn ! Je te dis que je veux un câliiiin ! ».

A partir de là, tu es agent au NCIS en mission commando. Limite tu ne respires plus. L’objectif étant de ne surtout pas montrer que non, tu ne dors plus. Tel le torrero qui s’est mangé un coup de corne, tu feins le décès. Des fois que la bête abandonnerait. A ce moment-là, je me demande pourquoi je ne me suis jamais inscrite aux cours de théâtre, tellement je fais bien la morte. Surtout ne pas bouger. Surtout, ne pas ouvrir les yeux (les gosses, c’est comme les chats, on n’est pas à l’abri qu’ils voient aussi dans le noir quand ça les arrange).

4h35 : « Maaaaiiis euh ! Je veux un câlin parce que j’ai chauuuud ! »

Là, tu te dis que si VRAIMENT tu étais morte, l’ingrat n’en aurait rien eu à cirer (les enfants sont d’un égoïsme…). Mais son dernier mot, tu ne le connais que trop bien. Dans le langage maternel, en plein hiver, chaud = fièvre. Là, non seulement tu es en mission commando, mais en plus t’es au service de la Reine et des Manchus. On entendrait les mouches péter. Tu mises TOUT sur l’ouïe affûtée de ta vraie moitié (celle avec qui tu couches pour de vrai, tu suis ?). Il semblerait que ses ronflements l’empêchent d’entendre la chair de vos chairs. Ou alors lui aussi il est en mission. On sait jamais. Malgré les apparences, l’Homme est parfois bon comédien.
Les secondes sont donc comptées. 1-2-3, soleil-pipette ! C’est le jeu du premier qui bouge qui a perdu. Tu pries pour au moins qu’il se retourne, tu pourrais donc continuer à dormir au moins… cinq minutes.  Soit le temps qu’il t’appelle parce qu’il ne sait plus très bien ni où se trouve l’Advil, ni où se trouve la pipette de l’Advil, ni le thermomètre (dans ton cul ?), ni non plus combien pèse exactement le grelot. Sérieux, il pourrait se lever. Dois-tu lui rappeler que TOI, tu rentres de soirée ? Donc que tu es fa-ti-guée ? Et l’égalité des sexes, merde ! Comment ça, c’est jamais moi qui me lève ? Ah.

4h37 : « Mamaaan… (sanglots) »

Tu te rends à l’évidence, tu ne dors plus. Et malgré tout, la mère encore sobre qui sommeille au fond de toi a un coeur (si). Tu ouvres leeeentement un oeil : le grelot est juste au dessus de toi. Comme tu commences à être habituée au dégueuli sur cheveux, ton COEUR de mère ne fait qu’un bond. Tu marmonnes donc un truc qui ressemble à peu près à « Miens en é couhertu ». Miracle, alors que quand tu dis clairement « Va ranger ta chambre », personne ne semble comprendre, là, d’un coup, tu te retrouves avec une bouillotte suante et tremblante collée à toi. La merde.

Tu pries quand même surtout pour ne pas que ce morveux te tousse à la tronche. Non parce que c’est pas parce que LUI n’ira pas à la neige qu’il doit pour autant te niquer ta semaine de vacances hivernales. Mais tu ne te fais pas d’illusions : forcément, comme à chaque fois, tu seras forcément malade.

S’en suivra un bal interminable de pipettes colorées qui appartiennent toutes à des quelconques sirops, mais jamais à celui que tu veux donner sur le moment. Ces morues doivent certainement se planquer avec les 2e chaussettes et les couvercles de Tupperware. Le thermomètre n’est pas non plus là où tu jurerais l’avoir mis la dernière fois. Sans compter qu’une fois que tu l’as retrouvé, ce rat t’indiquera que ton grelot se prend pour l’Etna. Tu paniqueras donc intérieurement (l’Homme, lui, paniquera plutôt ouvertement) (non parce qu’entre temps, il se sera enfin levé, le père indigne). Comme à chaque fois que le fondement de ta progéniture frôlera les 41°C, tu te souviendras que toi, tu as fait des CONVULSIONS quand tu étais petite (ceci pouvant peut-être expliquer cela). Tu diras donc environ six cents fois que tu vas appeler SOS Médecins, ce que tu ne feras jamais parce que bon, t’en as vu d’autres (mate mes vergetures).

Finalement, tu es quitte pour une bonne grippe. Que ta fille chopera aussi probablement. Et que tu connaîtras certainement toi-même de plus près la semaine prochaine, même si tu t’enfiles la production 2012-2013 d’Oscillococcinum. Tu auras beau avoir prié à genoux ta toubib de te filer ce bon vieux Tamiflu, jamais elle ne l’aura prescrit, la chienne.

Encore une fois, tu te diras donc que tu vas changer de médecin, parce que bon, sérieux, il va bientôt falloir que tu lui expliques son boulot (j’ai fait des études scientifiques).

Tu te rappelles plus très bien, mais pour sûr, il y a cinq ans, quand tu as conçu ton lardon, tu ne t’imaginais pas vraiment comme maintenant, à sonder son trou de balle en priant pour que ça s’arrête à 39.

Je vous le dis : la grippe, c’est le MAL.

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10 thoughts on “Grippe en mission commando

  1. Je me mets donc également à prier pour que les câlins de ton lardon de jeudi soir ne m’aient pas transmis ce satané virus, parce que bon dans le genre presque 41° de fièvre on va dire que c’est légèrement de famille, et que si je ne veux pas me faire virer suite à un nouvel arrêt maladie, y’a intérêt à être en forme!
    Et demain soir pour les garder je viens avec la tenue de combat : blouse, masque FFP2 (celui là dont on a tellement entendu parlé pour H1N1), charlotte, gants et sur chaussures!!
    Je me tâte même à porter ma bouteilles d’oxygène…

  2. Juste une idée comme ça même si je sais que tu y as déjà pensé : le vaccin anti grippe ? puis en même temps tu pourras faire le vaccin anti gastro comme ça tu es tranquille pour tout l’hiver 😉

  3. En tant que transfuge de chez Caro, je te remercie pour la bonne rigolade que je viens de me payer sur mon canapé sous l’oeil méfiant de ZeMan, qui me demande ce que je trouve de drôle dans la situation… « comment te dire, amore…. vu que le grand chevelu tousse sec depuis hier, ….  » 😉

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