Don’t you know, pump it up

Réjouis toi, Zinternaute ! Grâce à un teasing de pure folaïe, ceux d’entre toi qui en mourraient d’envie à s’ouvrir les veines vont pouvoir avoir un aperçu de ma visite ô combien instructive de la salle de sport d’à côté… Il est des joies qu’on ne vit qu’une seule fois (je parle pour toi).

Il faut dire que depuis quelques mois, on avait annoncé sa construction, et toutes les semaines, en allant faire mes courses, je voyais les affiches promotionnelles : « Bientôt, une nouvelle salle de sport près de chez vous ! ». Au début, j’ai pffffé. Après, j’ai mhmmé. Et puis, j’ai eu envie. (je crois que j’ai la personnalité d’un ficus).

Je me voyais déjà, en haut du rameur, couette haute, tenue fashion, écouteurs blancs sortant des oreilles. La totale. Bref, il me tardait, et puis un jour, la chose a ouvert. Sauf qu’avant de franchir le pas pour aller glaner quelques infos l’air de rien, il m’a fallu deux mois. L’élément déclencheur a eu lieu quelques jours plus tôt, alors que je faisais mes courses tard. En sortant du magasin, je les ai vues. Toutes ces nanas devant leur step ou leur bike (ouais, on dit pas « vélo », « vélo », c’est has been, et fuck les Immortels), avec les projecteurs de toutes les couleurs, même que depuis dehors, on entendait la musique à fond. A se demander si elles faisaient du sport ou si elles étaient en boite de night. Il n’en fallait pas plus : moi aussi, je transpirerai (un peu) et je serai une méga bonnasse avant Noël (surtout). Le lendemain donc, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai gravi l’escalier qui menait à mon Graal de la sexytude.

Là, on est accueillis par Barbie et Ken, version XXIe siècle j’veux dire : sourire figé, tenue de sport décontractée mais fashion, dents immaculées, pas de doute, on est bien devant la vitrine. Ça, c’est juste pour te donner un avant-goût de ce à quoi tu pourras éventuellement ressembler, moyennant une certaine assiduité tout de même. Ça sent la transpi, la musique, le déo, les télés du fond, et toutouyoutou. « Bonsoir, je voudrais juste connaître vos prix pour une inscription. » Bam, qu’est ce que j’avais pas dit. Au lieu de me filer une brochure des tarifs, ou bien carrément de me le dire, Barbie-step m’ordonne de rentrer, pour me faire asseoir dans un mini-salon à deux mètres de là. Je ne voyais pas vraiment en quoi il fallait que je m’assois, étant donné que ça n’allait pas prendre la nuit de me filer mon renseignement. Mais j’ai vite compris. Enfin, plus ou moins vite d’ailleurs, étant donné que j’ai eu la réponse à ma première question vingt bonnes minutes plus tard…

On s’assoit, donc. Pour info, la Barbie moderne de la salle, c’était un sosie d’Eva Longoria : un mètre cinquante, version bomba latina, tenue addidas rose fushia, vernis à ongle rouge pétant (une copine), maquillage à profusion (mais pas vulgos, il faut rester sporty) et hollywood chewing gum à ruminer. Là, Barbie étale sur la table un merveilleux emploi du temps, avec des cases colorées et tout le tintouin. L’espace d’un instant, j’ai admiré la mise en forme et j’ai cherché la grammaire. Moment d’égarement. A la place des matières, tout un tas de noms barbares. « Vous recherchez quoi exactement ? », qu’elle me demande, la dame. J’avais envie de lui répondre une maison pas chère avec piscine, une C3 Picasso, une nouvelle guitare et le même cul que toi. Au lieu de ça, j’ai pondu un ridicule « euh… je… je sais paaas… » (avec l’intonation de François H. des Guignols, pour te dire). Elle a déchanté d’un coup, Barbie-step. Mais j’ai bien vu son regard partir nettement de mes pieds et remonter jusqu’à mes racines de cheveux, avec une très nette pause pour la zone située entre mes genoux et mon menton. Je crois que c’est à ce moment là qu’elle a commencé à me perdre. Puis, de son ongle manucuré, elle m’a montré des cases : « Alors, pour vous, je dirai qu’il y a les cours d’abdo-fessiers (case rouge)…. réflexion…. ou alors, y’a aussi juste les cours d’abdos, vous savez, pour la sangle abdominale (case violette, et elle me montre sur elle l’endroit exact) (merci, même si j’ai pas l’air, je maîtrise à peu près où sont censés se situer mes abdos. J’ai juste la sangle un peu épaisse…)…. pour les fessiers aussi, on a un autre cours (case bleue)… » C’est sur le cours des fessiers qu’elle a dû s’apercevoir que je froissais nerveusement mes poches Leclerc.

« Qu’est-ce qui vous attire le plus alors ? » J’ai  bien noté qu’elle avait omis de me parler de tout un tas d’autres cases, aux noms plus tentants que « sangle abdominale ». « Disons que je rechercherais plus quelque chose de… ludique ». Ben oui, je suis un peu conne aussi, mais j’espère encore que bomba latina me sortira qu’elle a obtenu ce cul d’enfer non pas grâce à une génétique injustement avantageuse, mais plutôt en mangeant des Lindt choco-noisette devant une partie de Wii. Peine perdue, « ludique » ne fait pas partie de son vocabulaire. Ici, t’es là pour en chier, point barre. Me voyant lorgner sur les cases jaunes et vertes, elle me parle des cours de bike, du step, de la zumba-super-à-la-mode, et de tout un tas d’autres trucs « assez cardios » et « avec des chorés » (note-le : j’apprends direct le lexique). Genre, si elle le sait pas, je commence à devenir une profécheunol au Just Dance. Mais j’ai rien dit, pour pas la vexer.

Du coup, elle m’embarque pour un tour de la salle de torture, des fois que ça achèverait de me convaincre de fuir m’inscrire. Des tonnes de machines de guerre, énormes. J’en avais jamais vu d’aussi près, mais dans les films, on se rend pas bien compte (là, tu commences à toucher du doigt mon niveau sportif). Bref. Elle me cause des tapis de course sur lesquels deux Barbie et un vieux Ken étaient en train de suer, d’autres espèces de machines où tu cales tes pieds dans des trucs et où tu cours dans le vide (avec les bras tu fais un truc aussi, en même temps) (c’est d’un compliqué…), les rameurs, et les machines de musculation (là, j’ai atteint les bas fonds je pense). D’un pas décidé, elle m’emmène visiter les vestiaires flambants neufs. Deux mamies à poil sortaient justement de la douche. Un instant, j’ai cru vomir. Une autre Barbie s’étalait trois huiles essentielles différentes sur chaque centimètre carré de son corps. Je suis toujours Barbie-step qui marche à une allure déjà trop rapide pour moi. Elle me montre un casier-type (on s’en fout), les douches (on s’en fout aussi) et le sauna (non merci). Puis on passe à sa fierté : les deux salles de cours collectifs. Une pour le bike, avec trois cents vélos de torture au mètre carré, et des miroirs partout, histoire de voir si quand tu sues, tu ressembles plus à la biatch de tes rêves ou à Jeannie Longo (pour mon cas, j’avais déjà ma petite idée…). Et une autre salle plus grande, avec paquet flottant et rampe de projecteurs et stroboscopes, pour les autres cours collectifs. Enfin, retour à la case départ : le comptoir d’accueil, en passant par l’étude soporifique de la fiche de suivi d’une adepte masochiste.

Un prix exorbitant. Mensuellement, ça fait cher la transpi. Barbie-step a maintenu tout le long son sourire crispé, avant de me raccompagner vers la sortie, visiblement un peu déçue que je n’ai pas joui autant qu’elle devant ses belles machines et ses bike-androïds.

Bref, je n’aurais pas un corps rêvé de biatch bonnasse avant Noël (ouioui, même celui de 2018). Alors le step et le fitness, oui, mais que si c’est ma cops Clem qui nous fait des cours perso, comme celui-ci :

On est… ? Quoi ? Ridi… ? Non non. Même pas.
Vous remarquerez que, contrairement à sa mère et à sa soeur, Coin-coin a une attirance toute particulière pour le fitness… A moins que ce ne soit pour la prof…
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4 thoughts on “Don’t you know, pump it up

  1. Moi aussi, j’avais poussé la porte d’un de ces centres de torture mais même avec un cours gratuit et un super planning sous excel avec plein de couleurs…je n’ai pas réussi à en retrouver le chemin!
    Faut dire que ça manquait de Ken trentenaires, c’était plutôt ambiance Barbie défraichie…

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