Des chaussures de fille

Pendant la première partie de mon adolescence, il y avait un point que j’avais noté, mais pas tout à fait assimilé : j’étais une FILLE. J’ai donc passé le plus clair de mes années pré-pubères sapée comme Sporty Spice, joggings, baskets, t-shirt de mecs, et casquette verrouillée sur la tête (comble du chic : à l’envers, la casquette). Il faut dire aussi qu’à vivre à la campagne quand on est une fille, on a le choix, passée la période de l’enfance, entre deux occupations : bricoler dans le garage et se balader dans les vignes, ou bien essayer toute une palette de maquillage atroce en regardant Premier Baiser vissée au fond du canapé… J’avais vite choisi. Oh bien sûr, tout cela concernait uniquement la garde-robe, puisqu’en revanche,  j’avais compris assez tôt que j’étais anatomiquement et hormonalement une fille, avec toutes les histoires de garçons que cela peut engendrer… (A ceux qui me lisent..) Ahem ahem !

Et puis, j’ai eu mes règles, et des poils, et des seins, des vrais, qui poussaient en déformant l’inscription « Adidas »… Merde, y’avait pas à tortiller, non seulement j’étais vraiment une fille, mais en plus, j’allais m’en cogner tous les désagréments. Chiotte.

Mais ce qu’il y a d’étonnant, c’est que même pendant ma période garçon manqué, j’avais beau baver sur les Air Max des copains, je trouvais aussi que les copines qui s’habillaient « en fille » avaient vraiment de chouettes fringues. Sauf que je me disais que ce n’était pas pour moi. Elles étaient arrivées comme ça au collège, donc personne ne leur posait de questions si un jour elles arrivaient en jupe. Moi j’avais mon look inteurnacheunol, tout le monde trouvait ça rigolo, c’était ma marque de fabrique, un moyen de protection aussi peut-être… Mais j’ai voulu changer. Je me suis dit qu’après tout, avec une bonne dose de courage, moi aussi, un jour, j’arriverai en fille au collège. Tu parles, j’ai pas voulu faire ça d’un coup ! L’adolescent, avec les hormones, accumule une connerie aussi grande que l’Anapurna, alors j’ai évité les remarques désobligeantes et les moqueries des potes. La première étape fut d’abandonner ma casquette, entre juin et septembre 1996. Et puis les baskets, et puis le reste, jusqu’à l’arrivée au lycée. Plus jamais je ne me suis sapée au rayon mec des magasins, et ça faisait un bien fou ! Au lycée, personne ne me connaissait, je pouvais ressembler à qui je voulais, je partais de zéro, le pied ! Je devenais libellule…

Malgré tout le lent processus de féminisation qui a suivi, il ait un accessoire que je pensais ne jamais pouvoir porter. C’est comme pour les fringues d’avant. C’est beau, j’adore, c’est le summum de la féminité, ou presque. Des copines en mettent souvent, et je trouve que vraiment, ça déboite de sa mère en short. Sauf que je me disais que ce n’était pas pour moi, allez savoir pourquoi, les fantômes du passé nianiania. Bref, l’été dernier, que la Terre entière aille se faire voir, je me suis enfin achetée….. des chaussures à talons !!!

Oui, bon, forcément, toi, derrière ton écran, pour qui cette étape s’est faite aussi naturellement que d’enfiler ton premier soutif, ne hausse pas le sourcil, je te vois. Imagine juste que c’est comme si tu devais faire l’inverse : troquer tes Louboutin trop belles de sa-mère-la-teupu, contre d’énormes Pump de chez Reebok ! (han, j’entends ceux d’entre-toi pour qui le mot « Pump » ravive des souvenirs intenses de pressions sur la bulle de semelle… C’était le bon vieux temps, les amis, maintenant, les d’jeuns ont des Hellis ou des DC Shoes) Bref, je me suis achetée mes premières espadrilles à talons. En ressortant du magasin, j’étais aussi fière que si j’avais gagné une finale olympique.
Pour les filles qui ne sont pas encore convaincues : on marche très bien, avec des talons. On n’a pas l’air neuneu de la pouf de la cité, qui se juche sur des aiguilles vernies de 15 cm, et qui marche en dodelinant avec l’allure d’un flamant rose qui aurait eu la polio. Comble de tout, comme tu te sens fille, tu marches la tête haute. Et en plus de galber ton mollet, il parait que ça te fait du bien au dos. Et puis bon, sans déc’, c’est quand même une tuerie en barre, les chaussures à talons… Cet hiver, j’ai même réitéré, avec des su-per shoes d’amour que j’aime, sauf que là, il commence à faire vraiment chaud pour les mettre.

Et hier, en me baladant sans lardons, j’ai trouvé THE espadrilles à talons. Oui parce qu’après plusieurs opérations charmantes pour cause d’ongles incarnés ragoûtants, mes pieds, qui n’ont jamais été beaux (comme 99% des pieds, hein), se sont retrouvés comme deux Quasimodo au bout de mes jambes. Il faut donc que je cache ce qui tente de ressembler à des orteils, et l’espadrille,  en plus d’être ultra joli, c’est quand même le mieux, d’autant plus que là-dedans, ton pied ne sentira jamais le vieux saucisson (j’entends une petite Basque frétiller derrière son écran). Bref, hier, je me suis donc amputée de 50€, non sans mal mais sans regrets, et je me suis dégotée les plus belles chaussures du monde. Ne cherche plus, j’ai pris la dernière paire en 39 du département. Tiens, mate comme c’est de la pure bombe atomique, mes groles :

Ne t’évanouis pas, ne crie pas devant tant de beauté, je te rappelle que ce ne sont que des chaussures
Un gros plan des petits noeuds à tomber

Ah ! J’oubliais : pendant ma métamorphose de libellule, j’ai acquis une passion débordante (et un peu encombrante) : celle des colliers fantaisie ! Si tu es sage, que tu dis bien bonjour à la boulangère et que tu n’acceptes pas les bonbons des inconnus, je te montrerai tout ça avant la fin des vacances…

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10 thoughts on “Des chaussures de fille

  1. Ho moi aussi, j’ai eu ma période chaussures de fille un peu garçon manqué quand même, avec les célèbres NoName, sorte de baskets légendaires à semelle compensée de 5 cm ! Oui j’ai osé braver la cour du collège avec, parce que ma sœur les avait déjà c’est vrai… Mdr
    Confidence pour confidence, mes 2 gros ongles d’orteils ne sont plus, j’ai enfin pris la bonne résolution: rdv dermato! Sauf que le traitement est juste un peu contraignant, genre bain de pied dans l’eau chaude pendant 10 min, curage, pommadage et méga pansement 24h…pendant 3 semaines!
    J’ai fait mon coming out des pieds, je me sens mieux!
    Donc moi aussi je veux des espadrilles à talons pour cacher mes mega pansements !!!

    Ps: je ne fais que du 38 et je suis une femme enceinte en manque de hauteur, merci de me refiler l’adresse svp… 😉

    1. A Besson !!!! Elles existent en noir et blanc. Tout pareil. Je les aurais prises comme ça, si je n’avais pas déjà eu des noires. Mais y’en a d’autres, tout plein. Avec du tissu fleuri plutôt bleu, ou plutot multicolore (sans faire flashi). Enfin je résiste à la tentation de m’acheter celle avec le tissu multicolore…. ^^

  2. moi chui sage, je dis bonjour à la boulangère et en plus j’accepte pas les bonbons des inconnus… tu me les montres tes colliers? hein dis s’teuplé

    1. J’étais sûre qu’elles te plairaient ! Et ferme les yeux, ouvre grand tes oreilles, et écoute le talon qui sommeille en toi, et qui t’appelle… Je l’entends d’ici : « Achète moiiiii… Aaaachète moiiiiiiiii !!! » Allez, laisse toi tenter

  3. C’était donc ca le dérèglement climatique!!!! N’en pêche elles déchirent! :p Faudrait te piquer les lardons plus souvent!

    1. Et oui, ta préférée certainement… Je me souviens juste qu’aucune Spice Girl ne te fut attitrée… Quel bol !!!

  4. certes c’est joli,mais moi je dis bonjour et j’accepte les gourmandises des inconnus.Toutefois joli chaussure ou pas quand tu marches dans un caca,c’est pareil qu’avec des sabots de ferme c’est sale et cela pu.

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